RJ La terre

 

La Terre, l’hebdo du PCF en direction des paysans, vient de publier le 2 juin 2009, un bel article de P. Charles Richenbois, qui unit le paysan Renaud Jean et l’ouvrière Martha Desrumaux. Retrouver dans ce journal une admirable photo de l’ancien député du Lot-et-Garonne, ça fait un choc. On peut penser que c’est là un premier effet de la création de l’association des Amis de Renaud Jean.

Mais pourquoi faut-il que s’y glisse une regrettable erreur historique ? Je n’en fais pas reproche à l’auteur de l’article mais davantage à l’historiographie existante autour de Renaud Jean. La belle biographie écrite par Gérard Belloin est ancienne mais reste la référence qui aurait permis de ne pas écrire :

« [en 1939] il refuse donc de se séparer de ses camarades communistes et pendant l’occupation, étroitement surveillé par la police de Vichy et la Gestapo, il arpente, malgré sa claudication, les terres du Marmandais afin d’appeler à la résistance. Après guerre il ne retrouve plus son mandat de député, mais demeure maire et conseiller général de Samazan, jusqu’à sa mort en 1961. »

 

C’est un peu comme si la période 39-45 demeurait la pire embrouille qui empêche de connaître l’œuvre de Renaud Jean ! S’il ne retrouve pas son mandat de député c’est parce que la direction du PCF l’accuse de ne pas avoir participé à la Résistance et voilà qu’on apprend qu’il y participa !

 

Libéré de prison le 11 juin 1941, il reste d’abord un peu à Paris avec son épouse qui y travaille comme prof, puis se réfugie dans les Landes. Il n’avait pas le droit de revenir dans son cher marmandais et si, en 1945, il indiqua, avec les faibles moyens dont il disposait dans sa cachette, avoir eu une action, il reconnaît lui-même qu’elle resta très faible.

 

Pourra-t-on un jour écrire en toute clarté l’action de Renaud Jean entre 1939 et 1945 ? Un travail d’archives peut y aider et j’espère qu’il se fera afin d’analyser les injustes dénigrements dont il fut la victime.

23 juin 2009 Jean-Paul Damaggio