jean1922

C'est le quotidien socialiste qui, ici, donne la parole à Renaud Jean qui ne cesse pourtant de critiquer le PS ! Mais comme il s'agit d'une critique du PCF ! Le député y rappelle la ligne permanente de sa vie, étudier d'abord concrètement la situation concrète : " Quant à pouvoir connaître les grandes lignes de l'organisation économique du régime nouveau, le parti ne s'en préoccupe pas." Pour le reste on le retrouve tel qu'il sera : opposé à la fois au sectarisme et à l'opportunisme ! JPD

 Le Populaire 9 octobre 1922

 NOS MOSCOVITES PEINTS PAR EUX-MÊMES

C'est-à-dire par le député Renaud Jean

"Les dirigeants du parti communiste, qui avaient pour mission d'organiser et de diriger l'éducation des masses, se heurtent en de stériles discussions théoriques, que peuvent suivre seulement quelques intellectuels. Sans programme positif, se livrant uniquement, dans tous les domaines, à une propagande de critique et parfois de démagogie, le parti communiste ne donne pas aux hésitants l'impression de savoir où il va. Une fraction du parti, sans d'ailleurs l'avouer publiquement, revient par la réforme, à l'électoralisme d'autrefois. Les dernières élections cantonales en fournirent de trop nombreux exemples. L'autre fraction, par la plate-forme et le front unique, prétend entraîner les masses à l'action révolutionnaire. Mais elle se soucie aussi peu que la première des lendemains de la prise du pouvoir. La Droite cherche des électeurs. La Gauche prépare des soldats. Quant à pouvoir connaître les grandes lignes de l'organisation économique du régime nouveau, le parti ne s'en préoccupe pas. Il ne recherche que la conquête du pouvoir. Dans le parti communiste, il n'y a que des appétits déchaînés, des groupements rivaux, des polémiques acerbes, des menaces d'exclusion. Sacrifiant l'intérêt réel du parti à des intérêts locaux et subalternes, et violant ainsi les décisions du Congrès de Marseille, le Comité directeur n'a pas mis debout les interfédérations destinées à développer la propagande en province, alors qu'il prélevait les cotisations augmentées dans ce but. Par contre, il maintenait l'Internationale, bien que ce journal eût épuisé les crédits alloués pour l'année entière. Pour conserver un journal du soir à Paris, il dépensait en six mois les sommes nécessaires ou fonctionnement pendant un an des interfédérations que le parti lui avait donné le mandat de créer. Cet abus de pouvoir a tari le recrutement en province, sans empêcher la dégringolade de la Fédération de la Seine. Le parti communiste n'apparaît pas aux hésitants comme supérieur à l'organisation capita- liste dont il dénonce les vices et qu'il veut renverser."

 

Qui a écrit ça ? Un des plus fameux hurleurs du parti communiste, nous voulons dire un de ceux qui hurlent le plus contre nous, socialistes, le tovaritch Renaud Jean, député du Lot-et-Garonne. Il a écrit ça dans une motion que sa fédération présente au congrès du 15-18 octobre. Et vous vous direz sans doute qu'en tapant si juste et si fort, Renaud Jean libère sa conscience ?... Voire !