liza avinenc

Mon premier souvenir au sujet de Liza remonte au début des années 90 quand avec l'ami Jean-Marc Buge nous préparions l'édition des œuvres complètes de Frédéric Cayrou, ce qui fut une aventure qui mériterait d'être contée en hommage justement à l'ami Buge.

Je ne connais pas la date exacte de la création du Petit Journal qui fut d'abord un journal gratuit mais je pense qu'elle travaillait déjà pour Alain Paga.

Par la suite combien de fois nous sommes nous trouvés ! Le dernier échange ce fut au sujet de Colette Magny et donc du féminisme.

Voilà pourquoi son décès me bouleverse ; elle avait juste 60 ans !

Son premier trait de caractère, le dévouement et donc la discrétion.

Aujourd'hui, tapez sur internet Liza Avinec et vous vérifierez jusqu'où allait sa discrétion : pas l'ombre d'une photo… de cette photographe !

Voilà pourquoi quand je l'ai vue aujourd'hui en Une du Petit Journal j'ai craint le pire et le pire est arrivé !

 Le dévouement et la discrétion n'empêchait pas la fermeté de ses propres convictions. Ce n'était pas une photographe muette. Elle ne venait pas à a Cave à lire de chez Deloche seulement en journaliste mais aussi en citoyenne. Elle état là pour se faire l'écho de la vie culturelle… et y participer.

 D'autres que moi, dans le Petit Journal d'aujourd'hui, lui rendent un hommage mieux que je ne saurais le faire. Etrangement, il vient de personnes que je connais bien et depuis longtemps : Robert Linas facile à reconnaître sous la signature RLi, Betty Daël qui donna elle aussi tant et plus au Petit Journal, François Henri-Soulié et Christian André Acquier. Sans compter l'édito non signé avec photo d'Alain Paga.

 Robert Linas rappelle qu'il connaissait Liza depuis le temps du collège Ingres comme je connais Robert depuis le temps de l'Ecole normale. Un message très humain.

 Betty écrit : "Journaliste. Sa plume entre humour et émotion toujours sensible et juste, a tout dit de la vie de notre ville, en une chronique renouvelée chaque jour. Et d'une richesse qui étonnerait si on rassemblait tous ses articles." Notre maison d'édition va se mettre en veilleuse mais ça serait un bel hommage que ce rassemblement d'articles !

 François-Henri Soulié en un texte très poétique montre toute l'amitié qui le liait à Liza. Je me souviens du Portrait de Dorian Gray joué par une troupe de jeunes animé par François Soulié au cinéma l'Etoile. Depuis, l'artiste a toujours hanté les rues de Montauban et sa connaissance de Liza Avinenc est sans doute immense.

 Christian André Acquier indique : "Liza était dotée d'une sensibilité affirmée qu'elle savait traduire par une écriture claire, fluide élégante et ses articles, reflets d'un tempérament critique, n'ont jamais trahi la solidité d'une conviction."

 Et le chagrin de Mathilde est également très émouvant.

Quand on cherche sur internet on trouve peu de choses mais en huitième position ce lien : Pour travailleurs venus d'ailleurs

Liza c'est plus qu'une plume qui s'en va : c'est une part de la mémoire de la ville.

Jean-Paul Damaggio