congrès de Tours blog

Pendant trente ans je me suis contenté de cette information : « Verfeuil est mort dans un sanatorium des Landes ». C’est quand j’ai mis sur le blog le chapitre de son roman l’Apostolat qui évoque le passage dans les Landes du héros, pendant l’été 1916, qu’un ami m’a fait observer que le village mentionné, Ondres, était le lieu d’un des multiples sanatoriums des Landes. Pour ma part, j’avais imaginé une mort à Capbreton et ça me suffisait…

L’ami Michel aidé de son fils a interrogé la mairie de Capbreton où une employée efficace a fait observer que le dit Lamolinairie-Verfeuil n’était pas mort à Capbreton mais à Ondres.

Il a suffi alors de demander à la mairie d’Ondres et l’acte de décès fut une surprise.

 Sur la tombe de Verfeuil à Montauban, Auguste Monsarrat n’a pas évoqué l’existence d’une veuve. Il dit bien, regretter qu’une certaine « Henriette » ne l’ait pas alerté sur l’état de santé de cet ami qui était comme un fils pour lui, mais qui était Henriette ? J’ai pensé à la sœur de Raoul même si le prénom officiel n’est pas Henriette.

 L’acte de décès nous apprend que, mort dans « La Maison Espérance », il était l’époux de Fernande Etcheverry. Qui était-elle ? Avait-elle un métier ? Ont-ils eu des enfants ? Cette découverte en révélant cette réalité ouvre peut-être une piste pour rechercher d’éventuelles archives de Raoul. Celui-ci a laissé des manuscrits dont un roman qui dort peut-être dans un grenier.

 L’acte nous apprend aussi qu’il était à son décès « sans profession ». C’est ce qui avait inquiété Frossard qui a commencé ainsi son article dans le Midi socialiste pour un adieu au militant : « Il est mort l'autre nuit, dans un sanatorium des Landes, après une longue agonie de plus d'un an. Nous étions tous sans nouvelles de lui depuis des mois. Il m’avait écrit au début de l'année [1927], coup sur coup, deux lettres pleines d'humour et comme l'un de nous, notre ami R.-G, Réa, -qui le savait presque dans la gêne-, s'était préoccupé de lui assurer au moins un minimum de sécurité matérielle, où il m’avait prié, avec un émouvant et farouche souci de ce qu’il croyait être sa dignité, de dire qu’il n'accepterait point qu'on lui vint en aide. Sur tout ce qui le concernait, il était d'une discrétion ombrageuse. Il ne livrait jamais rien de sa vie intime et pourtant il n'avait rien à cacher. Nous le plaisantions parfois. Ce doux poète aux yeux candides, qui avait dévoué au socialisme un cœur d'une admirable richesse, cet idéaliste ingénu, passionné, accueillait nos railleries avec un bon sourire et les désarmait à force de généreuse indulgence.. »

 Sur les papiers militaires, je découvre également que comme son héros de L’Apostolat il passe en commission de réforme du service militaire le 7 octobre 1915 où il est définitivement écarté, mais là j’en apprends la cause : « emphysème pulmonaire ». Il est mort dans un sanatorium mais pas de la tuberculose.

Et pour conclure j’ajoute cette photo reprise du journal Floréal où on voit Verfeuil au Congrès de Tours. Si la moustache était inévitable les barbes à la Jaurès s’étaient faites rares. De gauche à droite nous avons : Cabannes, Théo-Breton, Hubert Rouger, Lucien Roland, Verfeuil et Frossard, c’est-à-dire tous les délégués permanents du PS avant la scission.

Jean-Paul Damaggio