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C’est arrivé une fois dans l’histoire et pourquoi ça ne reviendrait pas ? Dans le n°1 de la nouvelle version de l’hebdomadaire La Vague (11 octobre 1924) dont Verfeuil est le rédacteur en chef, il y a un petit article sur le Tarn-et-Garonne qui n’est pas de moi et qui ne parle ni des cumulards de 2014, ni des dîners de 2014, ni des héros de 2014… Jean-Paul Damaggio

P.S. Je n’arrive pas à trouver qui se cache sous les initiales de J. H. N. Je reviendrai sur l’ensemble de ce numéro une autre fois.

 TARN-ET-GARONNE : MONTAUBAN, — L'appât inutile

Le journal « Candide » nous a fait connaître que M. de Selves, le nouveau président du Sénat, sénateur et président du conseil général, ancien ministre, membre de l’Institut, grand croix de la Légion d'honneur, etc. se rend chaque dimanche avec une vénération profonde à l’Eglise des Billettes, rue des Archives, et qu’il est membre du conseil presbytéral. Quel cumulard ! Nous formons ici des vœux bien sincères pour qu’il consacre tout le restant de ses vieux jours à cette dernière fonction avec ses coreligionnaires parisiens.

Si son étoile brille encore à Paris, dans le Tarn-et-Garonne elle se ternit sérieusement ; il a cessé de plaire. Hélas ! On a mis trop de temps pour s’apercevoir que M. de Selves est un parfait arriviste et un bourgeois nationaliste ; on ne s’est pas gêné pour le lui dire dernièrement quand on a procédé à la nomination du président du conseil général. Cependant la « Petite Gironde » avait jeté cet appât pour séduire : « Un dîner - Suivant l'usage, M J. de Selves, président du Sénat, offrira mercredi un dîner aux membres du conseil général ». Elle a eu beau appâter la veille de l'élection, la majorité des conseillers n’a pas mordu, et M. de Selves a été déboulonné pour toujours de la présidence du conseil général du Tarn-et-Garonne. J. H. N. »

 Chronologie de De Selves à ce moment-là :

De Selves fut ensuite ministre de l'Intérieur dans le 2e cabinet Poincaré (29 mars au 1er juin 1924) et conserva le poste dans le cabinet François-Marsal, à la vie brève (9 au 13 juin 1924).

Elu président du Sénat le 19 juin 1924, de Selves conserva cette fonction en 1925 et 1926. Il eut ainsi à présider, le 10 août 1926, la réunion mouvementée de l'Assemblée nationale, au cours de laquelle il dut faire face aux vifs incidents provoqués par les parlementaires communistes, et notamment par Jacques Doriot. L'autorité et l'habileté dont il fit preuve en cette circonstance lui valurent, à la fin de la séance, les « acclamations prolongées » de la gauche, du centre et de la droite. Arrivé en deuxième position au premier tour, avec 188 voix sur 419 votants, il fut battu au second tour par Delthil, aux élections sénatoriales du 9 janvier 1927.