cronica

Vu que je prépare un petit retour en Espagne je me replonge une nouvelle fois dans Vázquez Montalbán d'autant que j'ai eu accès à ses travaux de jeunesse. Depuis des années je rêvais de lire sa Chronique sentimentale d'Espagne (Crónica sentimental de España) et internet vient de m'offrir ce plaisir.

Juste avant de mourir la dernière chronique du Catalan publiée dans El Pais s'est appelé Triomf en référence à ce journal Triunfo où justement Manuel a publié sa fameuse chronique en 1969. Cette chronique n'est pas véritablement une chronique mais plutôt le récit de ses souvenirs en terme de chansons.

Comme j'ai dû le répéter cent fois c'est avec Vázquez Montalbán que j'ai appris qu'il était vital pour tout révolutionnaire de voler le passé aux réactionnaires ! Autrefois le monde était divisé en deux : aux réactionnaires le passé et aux révolutionnaires les lendemains qui chantent. Puis les lendemains n'ont pas chanté ! La lutte des classes traverse autant le passé que l'avenir et le présent !

Bref, à la fin de sa chronique Vázquez Montalbán rappelle une chanteuse de ma jeunesse Gigliola Cinquetti et confirme ainsi que déjà la mondialisation était en marche. La chanson vedette de l'Italienne a été largement traduite : Je suis à toi (français), This Is my Prayer (anglais), Luna nel blu (allemand !), No tengo edad (espagnol) et Yumemiru Omoi (japonais).

Je suis allé écouter la chanson en italien et je découvre quarante après, le vrai titre : Non ho l'età qui est en effet traduit littéralement en espagnol : No tengo edad. La traduction française est bien différente ! Or moi je pensais que le titre c'était un prénom : Nonoleta ! Preuve que je ne connaissais rien de l'italien ! Et ça ne me gênait pas : il me suffisait de comprendre à ma façon ! Parce qu'en fait comme le note Vázquez Montalbán la mélodie fait tout !