colomb séville

 

Dans la cathédrale de Séville, en 1902, a été installé un imposant monument à la gloire de Christophe Colomb. Quatre hommes portent un cercueil dans lequel les os du navigateur sont supposés reposer.

En fait, quand le 20 mai 1506 Christophe Colomb meurt, il est loin de Séville et loin des honneurs.

Cette récupération grandiose n’est qu’un mensonge de plus dans un lieu consacré aux mensonges.

 Les restes de Colomb, qui meurt en fait à Valladolid, auront presque autant voyagé que le corps vivant du marin italien, qu’il serait plus juste d’appeler Colombo.

Ses deux fils Diego et Fernando seront au chevet du père. Parmi ses dernières volontés il y avait le désir d’être enterré à Saint-Domingue. La belle-fille fera transporter le cercueil à Séville en 1513 puis en 1536  il rejoindra Saint-Domingue. L’île devenant française en 1795 le corps part pour Cuba ! A l’indépendance de l’île en 1899 le corps revient à Séville et la cathédrale lui réserve donc l’honneur de l’accueillir. En 2003 une étude ADN tentera de confirmer que les restes sont bien ceux de Colomb en comparant avec les os de son fils. La réponse fut concluante mais il n’y avait que 15% des os et à Saint-Domingue les autorités considèrent qu’en fait, sur leur île, se trouve l’essentiel des restes d’un homme qui est mort en croyant qu’il avait découvert le chemin jusqu’aux Indes. Un monument encore plus grandiose qu’à Séville honore donc le navigateur qui en 1992 a été accusé d’être à l’origine du massacre des indigènes des Amériques.

Un seul fait mérite en fait l’attention : il avait réussi à signer un contrat où en échange de la découverte du chemin vers les Indes il aurait le titre de Grand Amiral, or, au retour du troisième voyage, quand la découverte était devenue évidente, les rois changèrent les termes du contrat pour n’en faire qu’un Amiral de la mer océane. Ses enfants seront eux riches longtemps mais lui tombera d’abord dans l’oubli.

Jean-Paul Damaggio

P.S. Sur l'immense porte de la cathédrale une inscription en arabe rappelle aux esprits attentifs l'ingénosité d'artisans contraints de servir l'adversaire. Voici prochain article.