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L'image de la ville colombienne a beaucoup changé ces dernières années, démontrant ainsi qu'il était possible de sortir de la spirale de la violence. Elle vient d'être le théâtre d'une manifestation à laquelle j'aurais tant aimé participer. Rubén Blades chantant a capella Pedro Navaja en l'honneur de Gabriel García Márquez qui adorait cette chanson au point d'avoir dit qu'il aurait donné toute son œuvre pour l'avoir écrite (vous la trouverez sur youtube). Il s'agissait de remettre un prix de journalisme aux valeureux personnages des Amériques qui se battent pour la liberté. Tania Libertad était là aussi pour, dans un concert merveilleux, reprendre les chansons préférées de Gabo.

Mais quels journalistes célébrer ? Javier Darío Restrepo et Marcela Turati (sur la photo, cette Mexicaine). Ajoutons César Batiz même si ces noms ne nous dirons rien. Ce dernier était le directeur d'un journal qu'au Venezuela je lisais avec attention et plaisir il y a quelques années : Ultimas Noticias. Ni journal gouvernemental ni journal d'opposition, on y lisait des reportages authentiques. Dernièrement pendant une marche de protestation, le 12 février 2014, des journalistes de ce quotidien furent témoins de la mort d'un militant du pouvoir et d'un dirigeant étudiant, assassinats attribués par le pouvoir à l'opposition, ce qui aurait pu être le cas. Mais les journalistes purent accumuler les preuves démontrant que les morts avaient été causés par des éléments de la police, le pouvoir lui-même devant se rendre à l'évidence et jugeant alors les coupables.

Je ne viens pas d'écrire que l'opposition au Venezuela est juste, et le pouvoir en place coupable de tous les malheurs du pays, mais je viens d'écrire que la quête de vérité est toujours et partout un combat pour la justice. Jean-Paul Damaggio