Les élections au Brésil donnent lieu à quelques commentaires.

Elles n'en donneront aucun sur la question du droit à l'avortement.

Quel que soit l'élu(e) les drames de millions de femmes vont passer inaperçu.

Pourtant !

Entre 2004 et 2013 de 7.5 millions et 9.3 millions femmes ont avorté illégalement.

En 2013 il y a eu dans les hôpitaux publics, 205 855 femmes soignées suite à de tels avortements ayant mal tournés.

L'avortement est légal au Brésil en cas de viol, de menace pour la santé de la femme et quand le fœtus à une malformation cérébrale. Pour ces raisons, en 2013, 1523 femmes purent avorter légalement.

Pour l'OMS en 2013 le Brésil aurait connu plus d'un million d'avortements clandestins.

Personne ne peut savoir combien de femmes pauvres sont mortes suite aux avortements illégaux, les classes les plus pauvres étant les plus fragiles face à ce problème.

Catholiques et évangélistes veillent…

En 2014, seulement deux candidats plaidèrent pour le droit à l'interruption volontaire de grossesse : Luciana Genro, du petit PSOL (1,6 millions de votes), et Eduardo Jorge, du minuscule parti vert, qui soutient depuis Aécio Neves le candidat de la droite radicalement opposé à tout droit à l'IVG.

Les autres ont préféré éluder le sujet !

Marina Silva, missionnaire de la secte ultra rétrograde Assemblée de Dieu, contourna le sujet comme Dilma Rousseff.

Le scénario va donc rester immuable : des milliers de jeunes femmes, majoritairement très pauvres, et souvent noires, vont continuer de mourir chaque année entre les mains de bouchers habillés en médecin. Pendant la campagne électorale deux cas ont secoué le pays mais pas les candidats.

Jean-Paul Damaggio