Les_photos_de_l_occitanisme

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Aux Journées sur l’occitanisme à Larrazet, nous avons retrouvé toutes les tendances d’un mouvement aussi vaste que sa zone géographique.

Quelqu’un a appelé à la fin des luttes fratricides au nom d’une quête indispensable d’efficacité.

Je n’ai pas pu suivre l’ensemble des débats : en plus de mes occupations militantes, le hasard a fait que les canards gras que nous avions commandés,  nous ont été apportés samedi après midi et que, n’étant pas vidés ils ne pouvaient attendre. Oui, oui, il faut se justifier vu l’enjeu colossal des questions occitanes…

Bref, avec seulement sept interventions (sur 13) du dimanche après-midi, il était aisé de vérifier que les luttes fratricides ne pouvaient que continuer !

La cause occitane, contrairement à celle des basques et des catalans, ne peut être unifiée par la puissance communautaire, en conséquence les mêmes qui craignent les luttes fratricides se réjouissent de son aspect pluraliste, mais en quoi cette cause est-elle plus pluraliste que la cause française ?

Et déjà, je viens de pointer un gouffre qui oppose deux ou trois camps : l’occitanisme pour changer la France ou pour changer l’Europe ? J’oublie involontairement ceux qui, avec l’occitanisme veulent changer le monde.

La langue occitane n’ayant jamais été une langue d’Etat serait une force tout en étant une faiblesse.

Pour le dire autrement : et si changer la France n’était pas le meilleur moyen pour changer l’Europe ?

Nous sommes là dans le cas où la France existerait toujours.

Elle existe seulement par ses efforts constants d’entraves aux langues régionales ?

Mais cette France là change puisque des institutions obtiennent que dans le métro de Toulouse les noms de stations soient donnés en occitan. Il s’agit là d’une avancée ?

Peut-être qu’au pays basque un panneau en basque peut inciter quelqu’un à apprendre le basque.

Dans les pays occitans les panneaux en oc sont juste un décor de plus (à mon avis).

 Mais déjà je pointe un autre gouffre. Le pluralisme c’est bien, mais pourquoi dire les pays occitans plutôt que l’Occitanie ? Pour lutter contre le centralisme français faut-il installer un centralisme occitan avec une langue standard ? (le lecteur devine que j’écris centralisme pour ce qu’on appelle souvent injustement jacobinisme)

 Alors un autre gouffre s’ouvre sous nos pieds : celui qui, sur une berge abrite les réalistes, et qui sur l’autre fait grand cas des utopistes. Que la cause occitane ait pu traverser des milliers d’obstacles à travers les siècles autorise à dire encore aujourd’hui : « Tout est possible ». Et pourtant tout le monde sait que tout n’est pas possible ! Je ne suis pas un adepte des chiffres mais combien y-a-t-il d’adhérents à l’association phare : l’Institut d’Estudis Occitans ? Combien d’adhérents à la revue phare OC ?

 Mais les  gouffres ne signifient peut-être pas luttes fratricides. Disons que les diverses tendances pourraient dialoguer en bon et du forme. En étant un jour de novembre 2014 assis côté à côte à une tribune à Larrazet.

Pour que chacun reparte comme il est venu ?

 Je ne cite aucun nom pour retenir les idées, j’ai retrouvé des têtes bien connues, mais en fait, rien de nouveau.

Peut-être l’insistance sur le lien entre peuple et cause occitane ?

 Déjà des lecteurs se fatiguent à lire « cause occitane » et il est temps que je parle de langue occitane.

C’est la mère… de toutes les luttes fratricides !

Une expérience a été pointée et aurait mérité qu’on s’y arrête : au Pays Basque dans les programmes des écoles il y a des rencontres hebdomadaires avec les générations anciennes. Pour qu’un basque scolaire rencontre un basque populaire. Instit il m’est arrivé d’inviter des personnes âgées dans des classes et je l’avoue c’est toujours une rencontre passionnante pour les enfants.

 J’ai retenu cette autre formule que je défends : « A l’école primaire c’est le goût des langues qu’il faut donner ».

Bref, qu’est-ce qu’une langue ? D’où l’évolution qui avait été mentionnée la veille, à propos du forum toulousain des langues, qui avait d’abord été centré sur l’occitan puis sur les langues minoritaires et finalement sur les langues en général.

 Mais n’entrons pas dans ce relativisme peu opérationnel : toutes les langues sont égales. Aujourd’hui le Catalan et l’Occitan ne sont pas égaux. Abstraitement l’une et l’autre se valent mais pas leur utilité.

 Et je viens de pointer un autre gouffre : qu’est-ce que l’utilité ? En quoi l’anglais est-il plus utile que l’italien ? Et si on évacuait totalement cette notion perverse d’utilité ? Voilà qu’on rejoint ainsi ceux qui s’activent sur la rive du gouffre utopie or celui qui crache sur l’utilité pense appartenir à la rive du réalisme !

Je ne puis conclure (car parfois il faut conclure) sans parler de pédagogie. L’occitanisme poserait toutes les questions de la pédagogie. Voilà sans doute pourquoi à Larrazet il n’est pas question de travaux en ateliers mais seulement de séance plénière. Voilà aussi pourquoi dans la salle un dirigeant du GFEN est resté muet ?

Pour ma part j’ai tout appris de la culture des salades, et de l’occitanisme, marxisme oblige !

Jean-Paul Damaggio

PS : Peut-être un compte-rendu fait de trop de questions ?