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Ci-dessus dessin de Dilem du journal Liberté du 8 janvier et le même jour Chaki Amari tient sa chroique sur El Watan. Des éléments pour un regard extérieur. Je ne suis pas forcément d'accord avec Chawki dont j'aime l'humour depuis longtemps. JPD

 

Chawki Amari ▬ Mourir pour un dessin ?

Alors que le débat en Algérie se focalise une fois de plus sur la liberté d’expression à travers des déclarations à sanctionner par la justice, c’est à Paris, dans la ville de Saadani, qu’un attentat a eu lieu. Tuer des dessinateurs ? Quelle idée horrible ! Les deux meurtriers auraient crié une stupidité du genre «Vengeance pour le Prophète», signant ainsi le forfait. ...

Si aucun prophète n’a jamais demandé de tuer des dessinateurs, tout le monde aura compris qu’il s’agissait de celui de l’islam, la religion qui produit actuellement le plus de tueurs isolés, alors que la grande majorité des musulmans a déjà condamné ce crime. Dans ce climat de violence mondiale, de perte de sens et de rancœurs, certains ont déjà expliqué que c’est la faute de ces dessinateurs sataniques, ils l’ont bien cherché, mettant face à face avec haine un dessin et la mort.

Mais au-delà de l’émotion, qui doit-on accuser ? L’islam, l’islamisme, Dieu, Kamel Daoud, les fanatiques, les médias de la peur et les fabricants de guerre, ou la France de Hollande, Valls et Fabius, qui ont armé les islamistes en Syrie pour se retourner ensuite contre eux, créant une nouvelle guerre invisible qui n’a plus de front ? Car, cet attentat est celui de professionnels et non pas de petits braqueurs djihadistes de banlieue et il faut peut-être plus y voir une déclaration de guerre visant à toucher la France et à y instaurer le chaos, qu’un basique attentat islamiste revanchard d’une intolérance brute.

Le résultat est déjà là, la terreur, au cœur de Paris on peut tuer des dessinateurs, et de là, n’importe quel civil. En attendant les récupérations politiques, les chasses aux musulmans et la confirmation de l’identité des assassins, on pense à toute la famille des dessinateurs morts et à ceux, vivants, du monde, en Algérie, en France ou ailleurs. Seule consolation pour cet attentat qui va mettre Paris en état de guerre, le président algérien n’ira peut-être plus s’y soigner. Alger est plus sûre. Chawki Amari El Watan / le 08.01.15  / CHRONIQUES POINT ZÉRO