Nous reprenons ici cet article du Petit Journal au cas où il aurait échappé à nos lecteurs. Mon intérêt bien connu pour la LGV explique cette reprise. Le PCF va pouvoir trouver avec Astruc au moins un point commun ! J-P Damaggio

 

"Le 2 avril dernier, lors de ce qu'il est convenu d'appeler le 3ème tour des élections départementales, s'est produit un événement d'une importance considérable dont nous n'avons pas encore saisi toute l'importance et dont les implications se vérifieront au cours de prochaines semaines, des prochains mois et des prochaines années. Ce jour là, dans la grande salle du conseil général les observateurs présents ont assisté à un événement historique ; Jean-Michel Baylet, président de la collectivité depuis 30 ans était contraint de se retirer (sans combattre) et d'assister impuissant à l'élection de son successeur en la personne de Christian Astruc. C'est ce dernier qui était parvenu à rassembler une majorité de conseillers autour de sa candidature et de son projet pour le département et qui terrassait, enfin, celui qui se prenait pour le seigneur du département depuis trop longtemps. Une succession en politique, c'est somme toute assez classique, sauf qu'ici en Tarn-et-Garonne c'est forcément un peu spécial. Christian Astruc succède non seulement à un homme mais également à une dynastie puisque, avant Jean-Michel Baylet, c'était sa mère qui dirigeait le département et qui lui avait laissé en héritage. Il boute hors du château celui qui, bien aidé par un journal à ses ordres (dont il a également hérité), avait mis en place un système dont les opposants n'ont eu de cesse de dénoncer l'iniquité et le clientélisme. En vain pendant trente ans...

 Un honnête homme

Désormais, à la place d'un nanti, c'est un homme qui s'est fait tout seul, un homme du peuple, un honnête homme comme on disait autrefois, qui préside aux destinées du département. Christian Astruc a 65 ans et après une carrière dans l'agriculture en tant que producteur de fruits et de céréales, il est désormais à la retraite. Il a été élu conseiller municipal de Dunes dès 1983 à l'âge de 33 ans et il en était devenu maire en 1989. En ce qui concerne la collectivité départementale, il a été élu conseiller général pour la première fois en 1994, autant dire qu'il connaît bien la maison et les problématiques départementales. Pour toutes ces élections, chaque fois qu'il s'est présenté devant les électeurs, il l'a fait sans étiquette et sans le soutien d'aucun parti, ce qui lui permet aujourd'hui de s'affirmer en tant qu'indépendant sans que personne ne puisse dire le contraire. Lorsqu'il déclare qu'il ne doit rien à personne, y compris politiquement, on est simplement tenté de le croire. Et pour conclure sur la dernière élection et les accusations de trahison, Christian Astruc a une réponse toute simple : « Dans mon canton, il y avait trois conseillers généraux sortants, c'était d'ailleurs le seul cas de ce genre dans le département. M. Capayrou était soutenu par le PRG et Jean-Michel Baylet. M. Garrigues était soutenu par Mme Barrèges. Moi et mes colistiers n'étions soutenus par personne, sauf par les électeurs... Nous sommes restés droits dans nos sabots et nous l'avons emporté. Je ne vois donc pas qui j'aurais pu trahir... ». C'est dit.

 Gérer efficacement le département

Concernant l'aspect symbolique de voir un agriculteur à la tête d'un département rural comme le Tarn-et-Garonne, Christian Astruc n'en tire pas de fierté particulière : « Devenir président du département ne faisait pas partie de mes ambitions. Par contre, nous nous étions engagés devant les électeurs pour la présentation d'une candidature indépendante et lorsqu'il a fallu assumer, j'ai pris mes responsabilités. Je n'ai pas choisi la facilité mais je me devais de le faire. C'est vrai que mon parcours ne me prédisposait pas forcément à accéder à cette fonction mais si je dois être fier de quelque chose c'est de pouvoir représenter à ce niveau une classe sociale qui habituellement ne l'est pas. Je vais essayer de démontrer qu'un paysan, maire d'une petite commune, peut humblement et efficacement gérer le département ». En terme d'efficacité, Christian Astruc pourrait d'ailleurs sans doute à remontrer à pas mal d'élus puisqu'il laisse la municipalité de Dunes sans un euro d'emprunt et avec même un budget d'avance... Pas mal.

On imagine donc que les finances du département vont être dans de bonnes mains. D'ailleurs, avant de prendre des décisions radicales ou de s'engager sur des prévisions ou des promesses intenables, le nouveau président a décidé de faire analyser les finances du département pour savoir à quoi s'en tenir mais l'objectif est déjà affiché, faire autant, sinon mieux, avec moins. Il y a aura des économies de faites au niveau du fonctionnement de la collectivité. L'argent public est trop précieux pour être dilapidé ; Christian Astruc promet une gestion de bon père de famille mâtinée de bon sens paysan. D'ailleurs, il a d'ores et déjà décidé de ne pas participer au financement de la ligne LGV :« Si l'Etat y tient tant que ça, il doit en assurer tout le financement ; il n'y a pas de raison de faire payer les Tarn-et-Garonnais pour cet équipement ».

 L'équité, une valeur primordiale

Pour le reste, c'est une toute nouvelle gouvernance qui s'installe, où une place plus grande sera donnée aux dialogues avec les élus et à la concertation : « Nous allons prendre le temps d'analyser la situation avec l'ensemble des élus pour aller dans le bons sens et faire pour le mieux dans l'intérêt des Tarn-et-Garonnais ». Une gouvernance où prendra place une plus grande équité : « Il faut que chacun retrouve la place qu'il mérite dans ce département. Il faut respecter un juste équilibre entre le rural et l'urbain, chacun doit apporter à l'autre, et bien sûr, contrairement à ce qui se passait jusqu'à présent, Montauban doit être traité à sa juste mesure. On va mettre un peu plus d'équité dans la répartition. Il va y avoir des politiques nouvelles et du changement... Mais on ne va pas se précipiter. Les choses vont se mettre en place au fur et à mesure et j'espère simplement qu'il n'y aura pas d'opposition systématique et que tout le monde saura travailler dans l'intérêt du département ».

Depuis trois semaines, date de son accession au fauteuil de président, Christian Astruc travaille d'arrache-pied et ne compte pas ses heures. Il est, déjà, devenu un président à plein temps. Il sait l'attente et l'espoir qu'a suscité son élection. Il sait aussi qu'avant de récolter les bénéfices d'une politique, il faut labourer et semer. C'est ce qu'il fait, avec énormément d'énergie, de volonté et d'ambition... Pour le Tarn-et-Garonne et les Tarn-et-Garonnais. 

 

La question de la LGV avait été évoquée déjà dans un communiqué d'avant élection.

Communiqué :

"Le binôme ASTRUC/MAURIEGE avec les suppléants GANO/FERNANDEZ, candidats « sans étiquette » (vraiment sans étiquette) remercient tous les élus des 29 communes, qui ont mis gracieusement à leur disposition, la mairie ou une autre salle pour les réunions publics.

Ils remercient également toutes les personnes qui ont participé au débat constructif lors de la présentation de leur programme dans ces réunions.

Un sujet est revenu régulièrement à l’ordre du jour dans les communes qui pourraient être impactées par la LGV.

Le binôme ASTRUC/MAURIEGE a pris l’engagement de voter contre tout financement du Conseil Départemental pour la réalisation de la LGV."