tia maria

 

Depuis trop longtemps je ne suis pas parti vers les Amériques même virtuellement.

Aussi en ce début mai un petit détour vers les travailleurs en lutte de ces pays avec, désolé, un nouveau paradoxe.

Je veux rendre hommage aux paysans de la province d'islay, dans la région d'Arequipa au Pérou qui ont la "chance" d'avoir une mine de cuivre dans leur secteur.

Je dis chance car c'est là une source d'emplois, de développement économique donc de richesses nouvelles pour le pays.

Mais j'ai écrit "chance" avec les guillemets car ceux qui luttent, s'opposent à la Southern Copper qui doit diriger l'exploitation. Ils ne veulent pas de cette exploitation minière. Ils sont des anti-extractivistes. Aussi, pour une part de la gauche, il s'agit de militants payés par les USA à travers les associations environnementalistes, pour empêcher les nécessaires développements économiques seuls moyens de la redistribution de gauche. Car pour une certaine gauche, en dehors de la croissance surtout industrielle, point de salut !

"Qu'est-ce que je cherche ?" me dira un ami, par de tels discours anti-productivistes et par cet appel à soutenir en ce mois de mai des paysans "retardés" ?

La Southern Copper a une vaste histoire au Pérou et ailleurs. En 1956 elle exploite la mine à ciel ouvert de Toquepala puis a construit une usine pour raffiner le minerai en 1960 (région de Moquegua). En 1976 nouvelle usine encore plus grande dans la même région à Cuajone.

Résultat : les conséquences en matière de pollution sont de notoriété publique avec de très graves atteintes à la santé des habitants. C'est vrai l'entreprise a payé d'importants impôts au pays mais au bénéfice de qui ?

Qui plus est, à chaque fois c'est la question de l'eau qui est posée, que l'on soit au Chili, au Pérou ou dans l'Equateur de gauche.

L'eau qui ne peut servir deux fois : à l'agriculture et à l'industrie.

Pour en revenir à la nouvelle mine Tía María, ceux à qui il faut rendre hommage ont un nom : el Frente de Defensa del Valle de Tambo.

Soyez rassurés sur la santé des médias : jamais ils n'évoqueront cette lutte. J-P Damaggio