larroque

 

Michèle Souchet n’est plus là pour me dire si mes souvenirs sont les plus justes, les plus sérieux ou les plus amusés. Je ne peux transmettre que mes souvenirs, ceux d’une militante syndicaliste car moi-même dès mon premier salaire (septembre 1971) j’ai acheté ma première carte syndicale. Je suis tombé dans le chaudron où mijotait la tendance Unité et Action du célèbre SNI et où Michèle se distinguait en étant de la pédagogie Freinet ce qui était rare dans le contexte. Elle était aussi une instit spécialisée ce que je n’ai jamais été. Plutôt que de parler d'elle, j'offre donc trois articles du journal Unité et Action, dont le premier que nous avons signé ensemble sur un sujet qui donnera lieu à une première bataille syndicale victorieuse, en ce qui me concerne. Pour des raisons bizarres aucun député n'était venu s'opposer à une loi incluant l'abolition des sursis militaires… point qui sera abandonné après un vaste mouvement lycéen que l'article devance. Quant aux articles sur la solidarité, ils me semblent bien la représenter. A revoir ces vieux journaux je retombe sur un dessin de 1976 d'Yves Larroque que j'avais totalement oublié et que j'ai mis en illustration. Difficile à comprendre aujourd'hui que cette prise du château fort qu'était alors la forteresse FEN (Fédération de l'Education Nationale) par les troupes d'Unité et Action… Yves Larroque, déjà présent dans ce blog. Le hasard a voulu que, sans qu’on se concerte, en octobre 1973 nous nous retrouvions dans l’aventure du Siège de Montauban. Un hasard seulement partiel comme tous les hasards. Les stages pour préparer la pièce de théâtre de Benedetto se déroulaient pendant les vacances scolaires et dans le cadre de la Fédération des Œuvres laïques sous l’égide d’Eliane Latu, un lieu de rassemblement de beaucoup d’instits. Un hasard plus pour moi que pour elle, car elle était beaucoup plus théâtre que moi. Elle était artiste en tout point et elle a transmis ce goût à ses fils. J’étais là pour Castan, et elle pour le théâtre. Je ne me souviens pas l’avoir vu participer aux réunions avec Castan car l’Occitanie n’était pas son sujet majeur, venant de Bourgogne. Une expérience qu’il m’est arrivé de raconter en partie dans un livre sur Benedetto et sur mon ancien blog. Une expérience qui marque définitivement les participants même si nous en avons peu parlé ensuite. Puis, beaucoup plus tard, suite à un autre moment de la vie, je suis devenu demi-permanent syndical à deux reprises et là j’ai côtoyé au jour le jour Michèle car, bien que retraitée, elle venait apporter son dévouement au tout jeune SNUipp encore minoritaire et qui avait besoin de tout. Un dévouement fait d'attention à tous. Elle avait toujours cette même voix claire, posée et forte qui dès le début me semblait être une voix d’actrice. Après s'être mise à l'informatique, elle aimait apporter son sens de la finition dans la rédaction du journal Bout de Craie, veillant à l’orthographe, à la présentation, et à la clarté du propos. On me dit qu'il y aurait la "pédagogie de la spontanéité" face à "la pédagogie de la transmission". J’appelle « pédagogie de la spontanéité » celle qui veut nous faire croire que l’individu étant au centre, il apprend le mieux à partir de lui-même, pour devenir lui-même ! L’homme étant un être social il est plutôt conduit, dans la course de la vie, à transmettre le relais qu’il reçoit des uns et des autres pour l’offrir aux uns et aux autres. Mon travail n'a que ce but, transmettre… Jean Paul Damaggio

 Unité et Action, Décembre 1972 :  Les Normaliens et le service militaire

La durée du Service dit " National" est de 12 mois au choix des appelés entre 18 et 21 ans. Circulaire BO N° 25 du 22-6-72. La limite maximale de report d'incorporation est fixée au 31 octobre de l'année civile où ils atteignent 21 ans. Ils peuvent être incorporés selon leur désir soit au 1er août soit au 1er octobre , en fonction des échéances des études. Les élèves normaliens n'entrent pas dans les catégories d’exception de sursis, non plus que les élèves professeurs des centres de formation PEGC. IL EST VIVEMENT CONSEILLE aux normaliens ou élèves professeurs atteignant 18 ou 19 ans l'année d'obtention du BAC d'accomplir immédiatement après de Bac, leur service national. Ceci afin de ne pas être obligé d'interrompre les années de formation professionnelle :  2 ans pour les élèves instituteurs et 3 ans pour les élèves professeurs. Les normaliens nés en 1955 atteindront 18 ans au cours de l'année 1973. S'ils sont en classe terminale - Bac - ils peuvent (en cas de réussite) bénéficier de la formation professionnelle en 2 ans avant de se mettre à la disposition de l'armée. S'ils sont en terminale Bac, mais ont déjà 19 ou 20 ans, ils se trouvent dans l'obligation d'accomplir 1 an sous les drapeaux avant d'entreprendre la formation professionnelle en 2 ans. DANS CE CAS - Ils n'ont aucune qualification (le seul BAC) pas de CAP (certificat d'aptitude pédagogique), (ni de CFEN même : Certificat de Fin d'Ecole normale), il leur est donc plus difficile de solliciter un poste au titre de coopérant. De plus, n'ayant pas reçu de salaire encore (en 1ère année de Formation professionnelle seulement) ils restent à la charge des parents pendant encore une année. Bon nombre d'élèves normaliens étant de familles modestes, c'est une charge supplémentaire et non prévue. A moins que cela ne donne un sursis à l’administration pour " éponger " la stagiarisation des remplaçants ayant dépassé les conditions requises ! Mais ce n'est que reculer pour mieux tomber ! Jean-Paul DAMAGIO et Michèle REYNES

 Unité et Action Mai-Juin 1978 : SOLIDARITE ET DISCOURS, LES DISCOURS ET LA REALITE  DES FAITS

La session d'études du SNI PEGC 78 avait pour thème, entre autres : L'équipe pédagogique".

 Plusieurs interventions de cette commission ont montré que le concours de personnes extérieures au corps enseignant se fait de plus en plus pressant, même si des réticences apparaissent vis à vis des parents, l'apport de la qualification et de la spécificité d'autres personnes s'avérant nécessaire à la constitution d'une équipe pédagogique éducative.

 D’une certaine manière, bien que pas toujours de façon systématique, dans les établissements privés de l'A.E.S. (Enfance inadaptée) ayant protocole d'accord avec l'Education Nationale, le travail effectué par les instituteurs se fait au sein d'une équipe réelle pluridisciplinaire, comprenant éducateurs, psychologues, rééducateurs, médecin, voire parents.

 Cette équipe met au point et utilise en référence, un projet pédagogique et thérapeutique établi en commun.

Se pose alors la nécessité d'une véritable écoute de toutes les catégories d'intervenants, dans leur action spécifique, mais aussi leurs revendications, leurs luttes sans défavoriser aucune des fonctions.

L'instituteur n'intervient plus seul face à un groupe d'enfants, mais en tant qu'élément de l'ensemble en coordination avec le projet, et la synthèse des observations et résultats devient nécessaire et obligatoire.

Ce mode de fonctionnement, auquel ne nous prépare aucune formation initiale ni continuée, demanderait une préparation psychologique et pédagogique différente et plus poussée.

L'enfant ne peut plus alors être considéré comme un objet réceptacle de savoir, mais comme un être complexe, complexité que l'on retrouve dans celle de l'équipe.

La lutte des personnels ASEI (Association pour la Sauvegarde des Enfants Invalides) dans la région Midi-Pyrénées a eu le soutien et la solidarité matérielle et morale des enseignants exerçant dans ces établissements.

Cela ne devait-il pas entrainer une prise de position favorable de notre organisation syndicale à l'égard des problèmes posés, dès lors qu'ils l'étaient par les syndiqués du SNI-PEGC eux-mêmes ? Le discours de la session d'études semble aller dans ce sens !

ALORS ? Les sections SNI-PEGC 31 et 81 ayant adopté une position pour le moins négative, la Section du 82, par on ne sait quelle mise en tutelle de fait ("on demandera au 31 et au 81 ce qu'ils font et on fera de même") a répondu : "La grève de l'ASEI, le problème des personnels non Education Nationale, ne nous concernent pas". Pas de soutien moral, donc, pas de soutien financier !!! Oh ! la belle conception du syndicalisme de lutte de classe !!! 500 à 600 personnes ont été en grève durant des périodes allant de 4 ou 5 jours à 3 semaines, selon les établissements… En Tarn-et-Gne, Unité et Action, grâce à la solidarité active de tous les instituteurs sollicités, (qu'ils en soient remerciés) a versé 700 F aux deux institutrices de l'Institut de Rééducation de Montauban qui ont effectué 4 jours de grève avec toute l'équipe. MICHELLE SOUCHET

 Unité et Action Mars 1978 : SECTEUR À.E.S et luttes de l'A.S.E.I

( ASEI: Association pour la Sauvegarde des Enfants Invalides)

Depuis 1975 et la parution de la loi d'orientation dite en faveur des personnes handicapées, nous en condamnons l'autoritarisme renforcé, les risques grandissants du fichage des enfants, l'austérité d'un budget en régression de 52 % en 1978 sur celui du Secteur Enfance Inadaptée déjà limité en 1977.

Les mesures brutales de mise en application de cette loi dans les établissements de l'ASEI entraînant par les restructurations : suppression d'emplois, remise en cause des prises en charge des enfants en difficultés, ont amené les personnels de l'ASEI à se mettre en grève..

La direction de l'ASEI refusant de négocier, sanctionne les grévistes, fait refouler les délégations qui insistent, par la police, remet en cause le droit de grève et le droit syndical. Dans la lutte solidaire pour une même préoccupation : les conditions de travail des enfants et des personnels (comment s'intégrer quand on est sous la menace de contrats temporaires renouvelables de 1 jour à 1 mois depuis 4 ans), les employés de l'ASEI et les Enseignants Education nationale se rejoignent. A Montauban, les deux institutrices de l'Institut de Rééducation et toute l'équipe éducative ont fait grève du 20 au 25 février 1978. L'équipe a poursuivi son arrêt de travail jusqu'au 6 mars. Le retrait des avertissements et le calendrier de négociations adopté permet de suspendre les débrayages pour le moment. Les travailleurs de l'Enfance Inadaptée, toutes catégories de personnels, ont besoin du soutien de tous et de votre appui financier. Michèle SOUCHET

Participez au soutien des travailleurs de l'ASEI en lutte.

Envoyez votre chèque à : Pierre MOLINIER CCP TOULOUSE 1913 – 30 J