micheleemiliano

 Faute de posséder Syrisa ou Podemos, les élections italiennes ont vite été oubliées. Il est vrai qu'elles étaient locales et avec un faible enjeu ; de plus le parti au pouvoir ayant conservé cinq régions sur sept, disons "la vie continue"… pourtant…

 Le mouvement cinq étoiles

Ce mouvement était né d'une surprise : le discours et le combat de Beppe Grillo. Il se trouve que le mouvement en question est toujours là et que son score… est le sien (18%). Pour le dire autrement : Le Mouvement 5 Étoiles (M5S) n'est pas une coalition de partis, mouvements, etc. mais un parti SEUL ! Beaucoup en déduisent que son incapacité à s'allier avec quiconque est son point faible sauf que le mode de scrutin va changer en donnant une prime à celui qui arrive en tête…

 La Ligue du Nord

Le Milanais Matteo Salvini, 42 ans est en fait le "vainqueur" de l'élection. Allié au Parlement européen au FN (même s'ils n'ont pu faire un groupe) la Ligue a prospéré sur la dégradation de Forza Italia et en devant le leader de la droite il peut se poser en adversaire de Renzi. Les prochaines élections vont-elles mettre face à face deux Matteo ?

Je dis "vainqueur" pour trois raisons :

-vainqueur dans son parti car l'autre stratégie défendue par les Vénitiens autour de Flavio Tesi a été écrasée. En Vénétie le candidat de Salvini l'emporte largement avec 50% des voix alors que Flavio Tesi reste seulement à 11% (cependant aux municipales à Venise le parti de Matteo Renzi l'emporte)

-vainqueur au sein de la droite : partout La Ligue du Nord l'emporte devant Forza Italia. Pour comprendre il faut savoir que le système électoral permet un double vote : pour une coalition et à l'intérieur de la coalition pour un parti.

-vainqueur en conséquence par sa stratégie : ne plus faire de la Ligue un supplétif de la droite mais le leader de la droite.

Par quel miracle cet événement qui conduit La Ligue du Nord à l'emporter en Ligurie : l'appel au racisme (pour faire court).

 Le parti au pouvoir (PD)

Matteo Renzi comme les autres partis a des contestataires au sein du PD. C'est justement en Ligurie qu'ils ont donné de la voie. La candidate chois par le PD, Raffaela Païta (27%), arrive largement devant le dissident Luca Pastorino (9%), soutenu par Pipo Civati, autrefois ami de M. Renzi et Sergio Cofferati, ancien secrétaire général de la CGIL. Leçon de l'histoire : le PD va dire que le dissident assure la victoire de la Ligue. Et le dissident va constater que tout seul il ne peut pas représenter une alternative. Par contre une alliance avec le M5S leur aurait permis d'arriver en tête.

 Forza Italia

Dans la tourmente ce parti aussi se pose des questions. C'est dans les Pouilles que les deux tendances se sont affrontées : celle des officiels (14%) et celle de l'héritier, le député européen, Raffaele Fitto (18%).

Jusqu'à présent tous les dissidents de Forza Italia ont ensuite été écrasés. Il semble que ce ne soit pas le cas.

Cette guerre a fait le bonheur de la gauche.

Pour comprendre le fonctionnement voici les résultats de la liste Michele Emiliano (sur la photo)  qu'on présente comme un successeur possible de Matteo Rinzi sans que pour autant la politique puisse changer beaucoup même s'il est dit plus à gauche :

 

NOI A SINISTRA PER LA PUGLIA      VOTI 108.920    6,47%

EMILIANO SINDACO DI PUGLIA       VOTI 155.840     9,25%

PARTITO DEMOCRATICO VOTI 316.876     18,81%

PENSIONATI E INVALIDI GIOVANI INSIEME    VOTI 6.712           0,40%

POPOLARI         VOTI 99.021      5,88%

PARTITO COMUNISTA DITALIA        VOTI 10.398      0,62%

LA PUGLIA CON EMILIANO      VOTI 68.366      4,06%

POPOLARI PER LITALIA VOTI 6.575     0,39%

 Sur un total de 47% le PD apporte seulement 18,8%.

On y trouve la présence du Pati communiste d'Italie qui est présent dans beaucoup de listes mais avec toujours environ 0,5%.

Le 6,4% est le résultat de la version locale du parti de Nico Vendola, Sinistra Ecologia Liberta.

 A suivre. Jean-Paul Damaggio