état de siège

 

Dans le Festival In vous avez, avant de voir un spectacle, accès, si vous le souhaitez, à un grand nombre d'informations.

Dans le Festival Off, juste quelques lignes et comme le spectacle est choisi au dernier moment, suivant l'heure, le lieu, l'envie et le moment, vous êtes toujours face à des surprises.

C'est le nom de Camus qui nous a attiré vers le Théâtre des 3 Soleils tout proche de notre lieu d'hébergement, pour une pièce dont nous ne connaissions rien.

"Que se passe-t-il quand la Peste, incarné par un jeune opportuniste, surgit dans un pays où rien ne bouge ." Puis quelques critiques favorables mais si peu signifiantes.

Compagnie de Eclanches avec six interprètes et une mise en scène de Charlotte Rondelez. Une indication étrange : il y a des marionnettes.

 On découvre un spectacle magnifique sur un texte surprenant. Magnifique par la présence de marionnettes humaines (la tête et les mains des acteurs sont inclus dans le corps d'une marionnette !) qui servent sans doute à donner l'exagéré du texte et le fait que finalement les habitants de la ville sont de toute façon manipulés par les Puissants.

Quant au texte de Camus, je viens de vérifier, qu'on le retrouve pour l''essentiel mais cependant il a subi pas mal de modifications car dans le cadre du Festival Off les pièces doivent durer entre 1 h et 1h 15. Le texte, je viens de le lire sur l'extraordinaire site québécois dont voici la référence concernant Camus :

http://classiques.uqac.ca/classiques/camus_albert/camus_albert.html

 Pour résumer : à Cadix en Espagne (mais la pièce ne mentionne qu'accessoirement l'Espagne) le gouverneur est ordinaire puis arrive un dictateur d'un nouveau genre avec sa secrétaire. Il ne s'agit plus de mourir n'importe quand mais de mettre de l'ordre dans la mort. Tout doit être rationnel et donc fini la liberté. Ceux qui n'obeissent pas sont alors frappés par la peste.

Le jeune médecin Diego amoureux de Victoria sera le seul à vaincre le dictateur quand il découvre qu'il n'a plus peur. Il peut libérer son peuple à qui il apprend qu'il lui suffit de vaincre sa peur, et le dictateur admet sa défaite mais à une condition : pour que le dictateur s'en aille Diego doit mourir. Un peu comme si le dictateur n'était là que pour révéler les cas d'hommes capables de résister, pour les éliminer.

Ceci étant, entre le spectacle et le texte, la fin est en partie modifiée.

Le personnage Nada qui apparaît au départ me semble moins ivrogne que l'indique Camus. Dans tous les cas bravo aux acteurs, à la mise en scène et bravo pour les pistes de réflexion qu'ouvre un tel travail. L'émotion pouvait se lire sur les visages des acteurs au moment des applaudissements fortement nourris. La photo des salutations est seulement indicative. Jean-Paul Damaggio