A présent que l'accord est signé entre PS et PRG La Dépêche peut présenter un tableau d'ensemble de la situation dans le Grand sud. Je reprends ici les divers titres du quotidien.

 Retour sur l'accord PS-PRG

"Chacun, nationalement, peut y trouver son intérêt. Le PRG a obtenu l'assurance que son bataillon d'élus régionaux grossirait «quoiqu'il arrive», selon la formule de Baylet. Aujourd'hui de 55 conseillers, il pourrait monter à 67 ou 70 en cas de «résultats moyens» de la gauche, selon les prévisions des négociateurs. Par ailleurs, l'allié du PS a obtenu la garantie de participer à chaque exécutif régional présidé par un socialiste."

Quelle belle assurance ! Connaître les élus avant le vote et dans tous les cas de figure ! Si de voter ne sert à rien, vous en avez la preuve !

Sauf qu'au second tour, partout, suivant les résultats il faudra laisser des places aux listes Front de Gauche et EELV ! Mais qu'importe, prenons seulement dates !

 "Par ailleurs, l'accord réserve les têtes de liste aux socialistes dans dix départements, et aux radicaux de gauche dans trois (Hautes-Pyrénées, Tarn-et-Garonne, et probablement l'Hérault)."

Au départ la tête de liste dans l'Hérault était sûr et elle le devient un peu moins. Un sondage sur le département devrait résoudre le problème !

 "Car la nouvelle grande région Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées figure est dans la «short list» (vraiment très «short» avec Aquitaine Poitou-Charentes-Limousin et la Bretagne) des régions susceptibles de rester à gauche."

 Sauf que cet accord dont Baylet pense que c'est un plus pour la "gauche" risque fort de se révéler être un moins si on se souvient des élections en Tarn-et-Garonne.

"Cet accord, et les fonction attribuées au quatuor, a été diversement apprécié dans le Languedoc-Roussillon. La question de la gouvernance passe mal. Cet accord reste en travers de la gorge de Damien Alary, le président PS du conseil régional, et de quelques élus proches. C'est probablement la raison principale qui a conduit à l'annulation de la conférence de presse prévue aujourd'hui à Montpellier à propos de l'accord national conclu entre le Parti socialiste et le Parti radical de gauche. Il ne s'en est d'ailleurs pas caché dans une déclaration à nos confrères Midi Libre."

 A droite, un atterrissage difficile ?

La Dépêche peut à présent se lancer dans son premier travail : désunir la droite.

"Sénateur de l'Hérault, maire de Castelnau-le-Lez, gaulliste social convaincu et prompt à la querelle, Jean-Pierre Grand (LR) a la dent particulièrement dure «Un politologue, un mondain de Paris» s'est-il d'emblée énervé peu après la désignation du candidat qui avait été investi de justesse le 7 mai dernier (11 voix contre 9) par la commission nationale d'investiture du parti Les Républicains." Depuis, il n'a pas varié dans son opposition. «Ce candidat, c'est du pain bénit pour le FN car il cumule tous les inconvénients», estime-t-il. Et d'énumérer son «ultralibéralisme», sa conception «supra nationale de l'Europe», sa position favorable au processus d'adhésion de la Turquie à l'Europe. «Et cerise sur le gâteau, il est pour la gestation pour autrui», regrette-t-il."

Donc : "À l'évidence, la mission de Dominique Reynié s'annonce difficile." S.B.

 Le Front national en embuscade ?

Sur ce point, facile à deviner la suite : La Dépêche va faire des yeux doux au FN car plus il aura des voix et moins la droite se fera menaçante, et elle va faire des yeux méchants au Front de Gauche et EELV qui ne comprennent pas qu'il faut s'unir au premier tour avec le PS ! Nous lisons :

"Mais ces sondages traduisent aussi la division de ceux qui, notamment à gauche, combattent l'idéologie du FN et ses répercussions sur le terrain. Combat commun mais listes séparées, est-ce bien raisonnable ?"

 La coalition des contestataires

Pour EELV et Front de Gauche La Dépêche va susciter la division, en conséquence est d'abord mise en valeur le fait que Gérard Onesta est tête de liste inévitable de quoi heurter les communistes.

D'où la reprise du propos de Gérard Onesta :

 «Imaginez... Nous sommes le 13 décembre au soir. La carte des régions de France est largement bleue. S'il n'y a qu'une région qui reste à gauche, ce sera la nôtre. Imaginez qu'elle ne soit pas de couleur rose» se prend à rêver Gérard Onesta, conseiller régional et tête de liste Europe-Ecologie les Verts.

Ce rêve d'un nouvel exécutif moins monochrome est né de la volonté d'EELV, du Parti de Gauche et d'autres formations d'extrême-gauche, de sortir des habituelles «tambouilles électorales» pour co-écrire un projet politique collaboratif fondé sur la participation citoyenne. Un site internet a été créé pour ouvrir le débat d'idées, recueillir, sur différents thèmes comme l'agriculture, l'économie, les transports, les propositions des habitants de la future région.

Ces contributions feront l'objet de restitutions publiques en septembre prochain et serviront à bâtir un projet politique en vue des régionales. Car derrière cet exercice démocratique, se profile évidemment la constitution d'une plateforme politique.

Si, aujourd'hui, rien n'est bouclé électoralement parlant, hormis la désignation de Gérard Onesta comme tête de liste EELV, ce «projet en commun» s'apparente en quelque sorte à un même ADN capable d'éviter les rejets entre des coalitions politiques dont les idées sont parfois aux antipodes, notamment entre EELV et le PC sur les questions liées au nucléaire ou à la future LGV."

Et l'info sur le PCF :

"Lancée en juin par le Parti de gauche (PG) et Europe Ecologie Les Verts (EELV), aux côtés de la Nouvelle gauche socialiste et des occitanistes de Régions et Peuples solidaires, les représentants du Parti communiste et d'Ensemble qui, avec le PG, font partie du Front de gauche, ont décidé le 24 juillet dernier à l'issue d'une réunion à Narbonne qui rassemblait les militants des treize départements, de rejoindre la plateforme participative citoyenne. S.B"

 L'inconnue Saurel ?

La Dépêche va tenter d'user de la modestie de Saurel pour montrer que ce projet ne peut aller au bout. En conséquence elle ne reprend pas l'annonce comme quoi les têtes de listes des départements seront rendus publics fin août.

 Bilan ?

Baylet pense encore pouvoir faire l'élection avec des ficelles extrêmement usées. Les habitants trancheront. J-P Damaggio