imaginar

Parler d'histoire avec José Luis Rénique (Lima, 1952) c'est cheminer sur une pente, atteindre le sommet, puis descendre aux faits les plus bruts. Et cela se reflète aussi dans ses livres. Il était à Lima pour en présenter deux : un essai sur la gauche, et «Imaginer la nation » (IEP). Il vit aux États-Unis depuis 1989, mais retourne une fois par an au pays. Franklin Pease l'a encouragé à écrire et il avait pour chef Jose Matos Mar, décédé le 7 août qui a été présenté sur ce blog.

 Il s'agit d'un historien qui a beaucoup voyagé dans le pays, du Rimac,  à Cusco, puis à Puno. A vivre la fracture du pays, il a pu douter, lui aussi, qu'il s'agisse d'une nation. La montagne contre la côté, l'Amazonie contre la montagne et la côté, le Nord contre le Sud et les fractures sociales : de quoi alimenter un racisme considérable. Avec les temps actuels, l'immigration intérieure a fait se rencontrer le Pérou tout entier, mais en même temps, le féodalisme capitaliste (ça c'est mon expression) fait que les Régions prennent le dessus sur l'Etat ! Mais Rénique pense que cette division régionale va seulement alimenter des revendications culturelles, car la construction de la nation est incontournable.

 "Je ne pense pas que j'aurais écrit quelque chose sans cette expérience. Plus important encore : je pense que dans ce pays il y a beaucoup de gens qui sont pleinement convaincus que le Pérou du futur va construire des régions. Mais ces noyaux, qui sont aujourd'hui liés au folklore, à la politisation, la vision régionale se pose au Pérou non pas en termes de revendications politiques, mais sur le plan culturel."

 Les questions qui se posent au Pérou sont à la fois celles des populations péruviennes mais aussi celles qu'on retrouve partout ! Et c'est vrai quand Rénique étudie l'histoire de la gauche du pays. Tant de combats sans lendemain ! Tant de trahisons ! Et pourtant, une gauche qui a existé, qui existe ! Mais à quoi sert la gauche ? Cette gauche n'était pas mieux informé sur les réalité du pays que son opposition, même si Mariategui n'a pas en vain expliqué la réalité indigène. Mais Renique le note : il a eu une vie si courte !

 Alors Ollanta ? Histoire classique… Quand Vargas Llosa décida de le soutenir il savait ce qu'il faisait : après Lula comme référence, Ollanta n'a eu que le pouvoir comme référence ! Et il espère à présent que sa compagne pourra prendre sa place !

Jean-Paul Damaggio

P.S. C'est la rentrée donc j'achève là mon petit détour par le Pérou afin de préparer un détour vers un pays qui se dit basque.