Lluis rabell

 

Vazquez Montalban a fait de moi un amoureux de la Catalogne mais pas de celle qui revendique son indépendance ! Voilà pourquoi la campagne actuelle du Junts pel si (uni pour le Oui) m'inquiète.

J'ai même publié de Montalban : qui a peur des catalans ?

Que ce soit clair si la majorité des Catalans souhaite l'indépendance, je pense qu'il faut alors que s'ouvre un débat avec l'Etat espagnol, car comme en tout divorce, la décision ne peut pas être uniquement unilatérale.

Le rapport des forces est présenté ici.

Pour le moment tout indique qu'on va vers une majorité indépendantiste ce qui met en ébullition en particulier la Grande Bretagne. Tout comme le référendum écossais a été suivi avec attention à Barcelone, les Ecossais aujourd'hui suivent avec attention les élections catalanes avec des interventions de Cameron qui indique alors que pour entrer dans l'Europe le nouvel Etat devra repasser toutes les épreuves. Lui qui veut organiser un référendum pour ou contre la sortie de son pays de l'UE, se préoccupe fortement de la situation de l'Espagne !

Autre intervention marquante que fut celle de Felipe Gonzalez qui est sorti de son silence politique pour exhorter les Catalans à ne pas voter pour les indépendantistes. Son coup de colère fut tel qu'il a été obligé de rectifier ensuite reconnaissant que les Catalans peuvent être une nation.

 Le parti d'Artur Mas (leader centriste des indépendantistes) essaie de se refaire une virginité avec son discours incohérent : d'un côté il dit qu'il ne sortira jamais de la légalité et de l'autre il prône l'indépendance qui est illégale !

 Pour comprendre il suffit de mesurer l'écart entre l'élection municipale à Barcelone qui, avec la question sociale mise en priorité a donné une majorité aux "indignés", et l'élection dans la Généralité qui, avec la question nationale, élimine la question sociale.

 Mais c'est quoi la question nationale ? Moi qui pense que la nation reste une structure pleine d'avenir comment ne pas me réjouir de cette lutte "nationale" ? Inversement, d'autres qui pensent surtout à l'Europe des régions se réjouissent que les Catalans mettent en difficulté l'Etat espagnol.

Par définition une nation est un rassemblement de personnes aux multiples diversités et non pas un rassemblement de personnes sur un aspect religieux, social, ethnique etc.

Tous les nationalistes sont des adversaires des nations.

Ils veulent que les Slovaques soient d'un côté et les Tchèques de l'autre.

Le nombre de membres des Nations unis (ONU) ne cesse d'augmenter avec beaucoup de nouveaux arrivants venus surtout d'Europe… terre première de la constitution des nations !  Le cas catalan peut devenir un tournant dans cette histoire européenne. Les premières répercussions des élections sera interne au pays lui-même. Que peuvent penser les Galiciens, les Andaluz, les Valenciens d'un vote massivement anti-espagnol ? Une augmentation des tensions ! Vont-elles résoudre la considérable crise économique qui traverse le pays ?

 Du côté de Podemos et ses alliés, Lluis Rabell (sur la photo), qui conduit la liste, espère que cette élection sera le début de la chute de Rajoy en décembre. Mais pour ça, il faut trafiquer le oui et le non à l'indépendance. Eux sont pour le Oui à la justice sociale, oui aux libertés démocratiques, et ceux qui se disent pour le Oui à l'indépendance, sont en fait pour le NON à la réforme du travail, à une meilleure sécurité sociale etc. Pour eux, la Catalogne est un des lieux d'une grande corruption que l'indépendance ne résoudra pas. Une des figures intellectuelle de ce mouvement est la sociologue Marina Subirats.

Jean-Paul Damaggio