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 L'institut Cervantès de Toulouse, après d'autres (en particulier en Allemagne) vient de proposer le regard de peintres sur les romans où on trouve Pepe Carvalho.

Même s'il s'agit de photos à la qualité modeste qui imposent pour ceux qui le peuvent de passer par l'Institut pour y regarder de plus près, j'ai souhaité proposer ce "reportage". J'avoue que l'idée était un défi : comment un plasticien, avec ses moyens propre, pouvait-il faire œuvre en transcrivant une émotion issue de la lecture ?

J'aurais souhaité lire quelques présentations mais mon journal local m'a renvoyé vers… Michèle Gazier qui était à Toulouse en mars 2015.

Bref, à chacun son jugement. J-P Damaggio

 

Article de La Dépêche

Michèle Gazier n'est pas un écrivain ordinaire, d'abord parce qu'elle a plusieurs cordes à son arc. En abandonnant ses fonctions de professeur pour devenir journaliste et critique littéraire, à «Libération» puis à «Télérama», elle n'a rien oublié de ses amours premières : l'enseignement. (son dernier roman «Les Convalescentes» en témoigne) et la littérature hispanique. Elle a été de celles qui a contribué à faire connaître chez nous la littérature moderne de «tras los montes» à la fois à travers ses critiques et ses traductions. Elle fut notamment au temps où il était vivant l'amie de l'écrivain Manuel Vazquez Montalban.

Dans «Les Convalescentes», qu'elle vient présenter aujourd'hui mardi à Ombres Blanches, elle imagine dans une maison de repos du sud de la France la rencontre amicale de trois femmes : Lise, Oriane, Daisy appartenant à des générations différentes mais hantées par la déprime et la solitude et la présence d'un homme «l'homme en noir» qui va contribuer à disloquer cet univers clos où la réalité s'efface.

Par sa naissance elle est née à Béziers, autant que par ses attaches familiales, son père était un républicain espagnol qui avait participé à la guerre civile puis à la Résistance en Lozère, Michèle Gazier peut à bon titre revendiquer son appartenance aux terres et aux montagnes pyrénéennes. Dans «Les Convalescentes», elle s'accorde une pause dans sa recherche des origines et fait la part belle aux portraits en demi-teinte de femmes en marge de la société et qui sont en quête douloureuse d'identité et de liberté. L'ombre d'un doute plane sur cet écheveau de rencontres manquées et donne à cet ensemble impressionniste une coloration mystérieuse. De l'art de la litote.