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Le_Corbusier_et_Chemetov

Des lecteurs attentifs l'auront compris, je suis allé dernièrement faire ma revue de presse dans une belle bibliothèque à Toulouse. J'ai ainsi découvert que la revue Regards avait changé de physionomie.

J'ai dans ce journal des noms qui me parlent beaucoup à commencer par Catherine Tricot du temps du journal Futurs dont l'originalité a été immense, sur le front d'une recherche communiste.

J'ai retrouvé dans Regards un article d'un habitué de cette mouvance dans le domaine de l'architecture, Paul Chemetov qui veut répondre aux accusations de "fasciste" dirigées contre Le Corbusier.

Je n'ai pas été convaincu par un argumentaire certes bien écrit mais peut-être trop bien écrit.

Avant d'évoquer "l’ambigüité certaine du personnage" Chemetov rappelle l'époque et en effet il est dangereux et même trop facile de juger par anachronisme. Et pour cette époque : " Il n’y avait pas que le Corbusier qui se reconnaissait dans Vichy, mais aussi Auguste Perret qui présida l’Ordre des architectes."

Bref pourquoi braquer le projecteur sur Corbu quand toute la profession était en question ? Il faudrait plutôt faire l'analyse de toute l'époque et l'auteur nous renvoie au livre que j'ai évoqué, les mémoires de Maurice Garçon.

PuisChemetov me dérange : ceux qui se posent la question de Corbu (il dit Corbu) et de la collaboration ne seraient-ils pas mobilisés par le fait qu'en tant que soixante-huitard, leurs rêves se sont fracassés sur les réalités ? En fait les architectes seraient prisonniers de leur fonction : "Les grandes réalisations ont besoin des pouvoirs publics – les travaux du même nom, aussi."

J'ai la sensation que Chemetov pense surtout à sa propre histoire. J-P Damaggio