plaque MVM

A Barcelone vient de débuter le débat pour l'investiture du président de la Généralité où Artur Mas espère être élu bien que pour cette troisième candidature il ne dispose pas de majorité vu que le petit parti de la gauche indépendantiste, la CUP, refuse de le soutenir.

 Grâce à un long article de Antoni Domènech je peux revenir sur les complexes élections dernières. Il pointe cinq axes où les partisans de l'indépendance ont marqué des points alors que les partisans de la "gauche" traditionnelle en ont perdu, ce qui explique parfaitement comment la liste citoyenne a pu battre tous les partis aux élections municipales de Barcelone, sans que cette dynamique puisse naître au niveau de la région. Nous relevons trois forces : les indépendantistes (qui n'ont ni gagnés ni perdus), les forces du statuquo (droite, "Citoyens" et PS qui n'ont ni gagnées ni perdues), les forces de la "gauche" (Podemos et gauche traditionnelle qui ont subi une déroute) groupes que nous symboliserons par Indépendant, Droite, Gauche sans que ces mots ne se réduisent au sens premier.

Voici les cinq axes que je reprends.

Elections plébiscitaires ou autonomiques ?

Les deux camps les plus opposés se sont renvoyées la balle, Indépendants et Droite, et la Gauche n'a pas su sortir du piège à cause d'une proposition illisible qui restait entre deux eaux.

République ou monarchie ?

Car au bout il y a eu cette affirmation des indépendantistes : ils veulent sortir de la monarchie et si la Catalogne en sort alors l'Espagne en sortira.

La gauche encore une fois est resté entre deux eaux ! Avec même Pablo Iglesias donnant des gages à la monarchie.

Les Indépendantistes ont pu récolter le vote de mecontents de la situation qui ne sont pas forcément pour l'Indépendance, vote qui a été confirmé par le second élément de la campagne.

L'unité du peuple catalan

C'était le point faible des indépendantistes qui, d'après un étude sérieuse, savent que seulement 13% de la population se sent seulement catalane alors que 47% se sent autant espagnols que catalane ! Pour contrer cette difficulté tout se base sur la politique linguistique. La gauche catalane après avoir été fière de prôner le bilinguisme est passé petit à petit au soutien du seul catalan. Le seul catalan était prôné par les nationalistes dans des écoles privées et ce sont eux qui ont gagné. Et ce sont les socialistes avec la loi de 2009 (gouvernement avec la gauche) qui ont produit une loi plus pujoliste que Pujol !

L'échec de Syrisa

Quelle Europe ? Là encore un point de difficulté pour les Indépendantistes. En fait c'est à gauche qu'on reste encore entre deux eaux et l'échec de Syrisa ne pouvait qu'aggraver la situation pour la dite gauche.

 La situation de l'Espagne s'est souvent joué à Barcelone et l'échec de Podemos et ses alliés semble se confirmer pour les élections générales où la droite pourrait gagner. Peut-être est-elle jugée par le reste de l'Espagne comme la seule capable de résister aux prétentions catalanes.

Ne doutons pas un instant de l'ingéniosité des maîtres de la situation pour empêcher l'émergence de toute alternative en détournant les mécontentements de diverses manière.

Pour les hispanophones, j'incite à lire l'actualité sur le journal Publico et à titre de document d'histoire je mets en pièce jointe un entretien de 2003 entre MVM et Lluis Lach (ma traduction n'est pas idéale car en fait il s'agit d'extraits qui renvoie à des données peu connues). J-P Damaggio

MVM_et_Lluis_Lach