Je prends les devant car à l’approche de décembre, avec les Régionales nous allons à nouveau subir une avalanche d'anneries au sujet du FN. Sans qu’il soit possible de décerner une palme au plus ridicule de Mélenchon à Fillon sans oublier Valls qui va se défendre comme un lion pour, là aussi, être le meilleur.

Par exemple, Mélenchon va pouvoir expliquer que c’est de la politique du PS que vient tout le mal. Comme je n’ai aucune tendance à être tendre avec la dite politique je pourrais laisser passer cette annerie. Mais revenons aux FAITS ! En 2012 quand, au second tour des législatives, il y avait un candidat UMP face à un candidat FN que s’est-il passé pour l’électorat de gauche ?

J’avais écrit :

« Voyons les cas de duels avec la droite où on peut se demander quel électorat rassemble le FN :

Dans la 2ème du Vaucluse où le PS s’auto-élimine avec une candidature dissidente, le FN passe de 27 à 44% face à l’UMP.

Dans la 4ème du Var le FN passe de 23 à 43%. Avec quelles voix ? Il y avait un dissident de droite qui avait fait 14%, mais « ses » électeurs ont dû se reporter sur le candidat UMP qui passe de 32 à 56%.

Dans la 5ème du Var le FN passe de 24 à 40% alors que son concurrent de droite passe de 40 à 59. Les éliminés du 1er tour représentent surtout 21% pour le PS et 6% pour le Modem.

Exemple encore plus frappant avec la 6ème du Var où le FN passe de 24 à 39 alors qu’il n’y a eu que des éliminés de gauche ! Le gagnant UMP passe lui de 35 à 60%.

Dans la 9ème des Bouches du Rhône le FN passe de 22 à 37 face à un UMP qui passe de 35 à 62% alors que les éliminés du premier tour sont tous de gauche. »

 

Ces données indiquent que déjà en 2012 au moins 30% de l’électorat de gauche vote au second tour POUR le FN. Autant que ceux qui, pour faire barrage au FN, votent à droite. Les autres votent blanc ou s’abstiennent.

 Au second tour, TOUS les duels permettent un bond en avant du FN.

Inversement les triangulaires permettent une baisse du FN d’environ 5%.

Et aux Régionales les triangulaires sont possibles partout.

 Oui, mais alors le BARRAGE au FN ?

Cette question du barrage est, parmi l’avalanche de conneries sur le FN, celle que je supporte le plus mal.

Elle part d’une vision classique de la politique : « si le FN gagne une région il va en faire un tremplin pour s’incruster ». Sauf que jamais depuis trente ans, pas un élu du FN n’a pu faire de son poste un tremplin pour son parti. Le turn over chez les élus FN est impressionnant comme celui des candidats d’ailleurs. Le FN n’est pas un parti qui va du local au national mais qui va du national au national. Depuis 1984 il a des zones de plus forte influence (la partie à l’est de la ligne Le Havre-Perpignan) mais ce fait n’a rien à voir avec telle ou telle activité propre du FN, ni avec la présence de telle ou telle personnalité.

La machine médiatique a joué un rôle majeur aux dernières départementales pour annoncer que le FN pouvait gagner tel ou tel département or le bilan fut très loin de telles projections. Tous ces bavardages permettent d’éviter les débats de fond qui d’ailleurs sont d’autant plus rares qu’entre le dépôt des candidatures et l’élection il n’y a qu’un mois.

 Si l’électorat souhaite une victoire du FN, vouloir essayer de lui voler ce résultat par une combine politicienne ne peut que l’inciter à … voter FN. Non qu’une fusion PS-LR soit anachronique dans le contexte de complicité politique générale mais elle n’est en rien un moyen de l’indispensable lutte contre la réalité de ce qu’est le FN. J-P Damaggio