Hugo Chavez

 Les chavistes ont perdu le 6 décembre.

C'est leur première défaite législative mais il leur est arrivé de perdre un référendum de modification de la Constitution.

Puis Chavez a fait revoter et il a gagné. C'était pour qu'il puisse se présenter une troisième fois, ce qu'il a fait, mais sa victoire fut brève, pour cause de décès.

Tous les feux ont été braqués sur la perte en siège mais plus rarement sur leur perte en voix. Avec une très forte participation (74,5%) ils arrivent à 42%, une base qui reste présente pour les batailles futures.

Le mode de scrutin - les chavistes ne peuvent s'en plaindre, c'est le leur - a amplifié la défaite dans des proportions qu'aucun des deux camps n'avaient imaginées.

Mais si défaite il y a, c'est que le pays n'était pas gouverné par la fraude comme n'a jamais cessé de le chanter l'opposition !

En réalité les énormes tensions entre les deux camps ne signifient pas qu'il y a seulement deux camps face à face. Dans le camp chaviste comme dans celui de l'opposition des divisions internes existent qui risquent de se développer.

Entre une extrême-droite et une social-démocratie modérée, l'opposition va devoir choisir. Voluntad Popular pour l'extrême droite est à 14 députés sur la centaine de l'opposition.

Et en face Nicolas Maduro ne peut être délogé de son pouvoir. Donc chacun va devoir apprendre à cohabiter. Pour faire quoi ?

L'échec des chavistes ne vient pas seulement d'une opposition qui a été capable de s'unir, des méchants médias qui le sont depuis 19 ans (1), mais de problèmes récurrents du pays. A commencer par la crise pétrolière. Comme l'Algérie, le pays a vécu de la rente en hydrocarbures sans chercher à diversifier son économie et en 20 ans de pouvoir les bolivariens avaient eu le temps d'essayer cette diversification.

Quant à l'inflation elle est constante depuis des années, et elle n'a pas permis au Venezuela de travailler efficacement avec les autres pays d'Amérique latine. Des 15% des années 2005 à 2007 elle est passée à 30% depuis 2008.

L'autre problème est structurant aux Amériques, celui de l'insécurité. Chavez a cru que la politique sociale ferait reculer le crime organisé mais l'appât de l'argent facile y démontre sa force de frappe.

Le président reconnaissant sa défaite, le peuple conservant son calme, l'opposition au pied du mur de l'action publique, une réflexion nouvelle doit s'engager pour que la gauche latino-américaine puisse se relever de ses déboires. Après l'échec argentin, avec les difficultés au Brésil, quel brin d'espoir à l'horizon ?

En 2007 pour débuter les Editions La Brochure nous avons édité un discours de Chavez, celui qui a décrété la fondation du nouveau parti PSUV. Des amis chavistes avait noté à regrets quelques notes que j'avais ajoutées et les anti-chavistes avaient déduit qu'il n'y avait rien à attendre de ce régime. En fait, s'affronter à la réalité n'est pas le premier réflexe des politiques… Cette publication est entrée dans l'histoire et à l'occasion je la proposerais gratuitement sur le blog. J-P Damaggio

P.S. Au cours d'un voyage au Venezuela, le quotidien que j'avais trouvé utile s'appelle Ultimas Noticias. Il était au départ ni dans l'opposition ni avec le pouvoir puis petit à petit il a été absorbé par le pouvoir. Par contre la télé d'Etat n'était que propagande si grossière que pas étonnant si elle avait peu d'audience. Il y a eu la création de Tele Sur mais sans le succès escompté.