frédéric figeac

Très souvent le vendredi après-midi je visite mes archives et je tombe sur ce dessin de saison, de Frédéric Figeac, en décembre 1992 dans un journal d'enseignants d'occitan, Lo Caulet.

Pour ceux qui n'arrivent pas à lire :

VOS CARCANHETZ PAS / SI LO PAPETA NADAL / SE FA ESPERAE AQUESTA ANNADA

 Traduction : Ne vous inquiétez pas si le Père noël se fait attendre cette année.

 Depuis cette lointaine époque Frédéric Figeac (ou Fijac) est entré dans le monde de la poésie.

 En 2009 Frédéric Figeac a obtenu le Prix Froment, depuis il me semble être devenu le réacteur en chef de la revue historique OC. Article de la Dépêche :

"Même s'il n'est pas natif de Penne, la commune a choisi très tôt d'honorer la mémoire de Paul Froment, poète occitan décédé en 1906 à l'âge de 23 ans. Natif de Floressas dans le Lot, simple valet de ferme, de condition sociale modeste, il obtint à 13 ans le certificat d'études et fut même le premier du canton. Il écrivit deux recueils de poèmes, toujours aussi célèbres auprès des occitanistes, « Flous de Primo » et « A trabès regos ». En 1903, ses admirateurs lui érigèrent à Penne-d'Agenais, par souscription publique, un monument modeste qui fut inauguré le 23 juillet, sous la présidence de Paul Chaumié, à l'époque ministre de l'Instruction publique. Le monument détruit pendant l'Occupation fut remplacé par un bas-relief placé sur le fronton de la mairie. Le 37e Paul-Froment a été décerné, cette année, à deux auteurs: Georges Peladan (qui avait fait le voyage de Nîmes jusqu'à Penne pour recevoir le prix), pour son roman policier « Treparás pas mon semenat » (tu ne marcheras pas sur mes plates-bandes), et à Frédéric Figeac, enseignant en classe bilingue français-occitan à l'école primaire Jean-Moulin, pour son recueil de poèmes « La fabrica de petaç » (la fabrique de chiffons). La Dépêche du Midi "

 

Frédéric Figeac / A quicòm pròche / À peu de choses près / 2015. Avec une version française de l'auteur

Présentation de l'éditeur :

A quicòm pròche La poésie peut être une réponse à l'énigme de l'enfance. Frédéric Figeac médite sur la nature d'un présent où surnagent, « rebuts de surface », les membres épars de l'enfant que nous fûmes, sensations persistantes jusqu'à l'obsession ou fugitives comme l'éclair, qui remontent du fond de notre temps personnel. Sa poésie investit trois éléments, trois lieux pour lui fondateurs : le fleuve, la ferme paternelle et le bois. Ces reliefs de passé dans l'aujourd'hui sont autant de fragments d'une expérience à l'orée des mots : « l'enfant chantonne encore en toi au cœur de la brume ». Ils sont évoqués avec une émotion discrète : émoi d'adolescent prenant le ruisseau pour confident, fascination pour les galets de la rivière propre à tous les Petits Poucets, amitié des arbres, frênes ou charmes, extase cosmique qui relie l'homme au monde et l'adulte à l'enfant.

 Cette rêverie ontologique et sensuelle s'exprime dans des sortes de versets, unités de sens soigneusement cadencées, dont la longueur variable épouse « à peu de chose près » le rythme de la pensée, tout à tour fulgurante, sentencieuse ou méditative. Le titre annonce proximité et approximation. Le poète nous introduit dans un univers nostalgique et recueilli, qu'il nous livre avec retenue. On est séduit par une fascinante profondeur de réflexion, des émotions déchirantes de tendresse, des sensations lumineuses jaillies du passé, tel cet hymne superbe à la carotte cueillie par la mémoire dans un jardin perdu : « Au coeur d'une carotte, croquer le sacré tout cru, tout sucre. »