John_Turturro

Turturro amène-t-il un peu les USA dans le cinéma de Moretti ? Sous la forme d'un patron roi du licenciement, ou d'un acteur roi de l'insupportable ? Bref, l'arrogance de l'Empire ?

Turturro amène-t-il le cinéma lui-même, dans le cinéma de Moretti qui n'arrive pas à être un cinéma ?

Pourquoi faut-il que le cinéaste tienne à filmer sans cesse… le cinéma ? La caméra se tournant vers  la caméra !

Et ici, au moment douloureux où l'homme perd vraiment sa mère !

Et lui, Moretti toujours au centre de ses films qui décide d'y être deux fois, car de toute façon il a toujours été décentré : la réalisatrice est son alter ego pendant qu'il joue le fils devant sa mère. Et cette réalisatrice, pleine d'émotions face à sa mère, permet à Moretti d'être le frère raisonnable !

Avec ce double constat : comprendre est devenu difficile, mais il nous reste "demain". Ce "domani, domani" de 1848 quand l'espérance en un monde heureux, était si naïve, alors qu'aujourd'hui les douleurs nous rongent !

 Effet de l'âge, de l'époque, des deux ? Moretti m'a semblé beaucoup plus vieux que dans le film précédent Habemus papam qu'il tournait au moment même où sa mère était en train de décéder. Avec si souvent dans le cinéma italien, la jeunesse présente sous la forme d'un enfant et ici d'une adolescente pour qui domani est la référence.

 En fait j'écris mais je n'ai pas envie d'écrire au sujet de ce film. Juste garder en soi les multiples émotions qui nous tiennent debout. J-P Damaggio