gisela mota

A Temixco, il suffit de s'installer au croisement de la rue Salvador Allende et Indépendance pour comprendre qu'on est au cœur d'une ville populaire de l’Etat de Morelos, une ville de 100 000 habitants où des voyageurs arrivent en avion à l'aéroport international mais pour rejoindre la merveilleuse Cuernavaca capitale d'un Etat où le journal officiel s'appelle Tierra yLibertad ! A moins qu'ils ne veuillent utiliser les eaux thermales en un des rares lieux aux magnifiques fleurs de bougainvilliers.

Depuis Zapata le monde a beaucoup changé. Mais il y reste de forts courants démocrates, et Gisela Mota, gamine, était tombée dans l'un d'eux. Comme dans beaucoup de pays, pour Gisela la politique était un métier. Mais pas plutôt élue maire de la ville (après avoir été députée) elle a été assassinée à 33 ans. Le groupe de tueurs s'appelle El Rojo, en souvenir du temps où la région était rouge ! Ils sont entrés chez elle, ils ont tiré et la messe a été dite. Ils travaillent pour le cartel Guerreros Unidos, accusé d’être responsable de la disparition des 43 étudiants en septembre 2014 dans l’Etat voisin de Guerrero.

Gisela Raquel Mota Ocampo a fait son discours historique le 1er janvier 2016. Elle serait la soixante-douzième maires assassinées dans le pays depuis 2006. La mafia ne supporte pas le plan du gouverneur, PRD comme Gisela, Graco Ramírez, qui veut transférer partout le pouvoir policier à la police d'Etat plus difficile à corrompre que la police locale. La jeune maire avait refusé de payer sa part à la mafia. Une mafia dont les membres importants sont connus mais qui restent blancs comme neige !

Il est émouvant de constater que son dernier message sur son facebook ce fut pour fêter la fin d'année. Bonne année 2016 ? Elle a été courte ! J'y ai repris la photo de famille. Jean-Paul Damaggio

https://www.facebook.com/GiselaMotaOcampo