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(ci-contre Manuela Sanz célébré dans le discours se Chavez) 

Au moment où la Colombie voit la naissance d'un Mouvement bolivarien quel bilan pour le socialisme bolivarien du Venezuela ?

La construction d'une Amérique bolivarienne si chère au président Chavez est un échec sans surprise, un rêve presqu’oublié. Quand, dix ans après son accession au pouvoir, Chavez a enfin créé un parti politique authentique pour défendre ses projets il l’a appelé Parti socialiste unifié du Venezuela. Sans doute sous l’impulsion de son ami Castro, qui en guise de Bolivar préfère célébrer José Marti, il a mis plus en avant le socialisme que le bolivarisme.

Bien sûr, unifier tout un territoire qui parle la même langue, qui a les mêmes intérêts face au prédateur US, peut sembler politiquement juste… si on fait abstraction de l’histoire et de la géographie.

Sur le plan mondial nous sommes passés de l’ère « océan atlantique » à l’ère « océan pacifique » en conséquence les deux façades de l’Amérique latine sont dans un rapport inversé. Aujourd’hui, face à l’Asie, Chili, Pérou, Equateur et Colombie sont plus en relation avec la Chine qu’avec les USA. De son côté le Brésil surtout, voudrait bien une entente avec l’Europe. Dans tous les cas le Mercosur est en panne.

 Mais plus que la géographie, l’histoire fait que l’unité de langue n’est que de façade par rapport aux diversités de situation. L’Europe, avec sa diversité de langue, a un passé commun plus profond que les Amériques !

 Pour moi le rêve bolivarien a échoué le jour où l’économiste espagnol Carlos Monedero a constaté l’impossible mise en place d’une monnaie commune Equateur-Bolivie-Venezuela. Carlos Monedero et d’autres se sont alors tournés vers l’Espagne pour fonder Podemos. Depuis, Carlos Monedero a aussi pris ses distances avec Podemos mais, financièrement comme politiquement, ce mouvement a bénéficié des expériences latino-américaines. Aujourd’hui sa référence là-bas est le parti mexicain fondé par AMLO (Lopez-Obrador), MORENA, une scission du parti de gauche PRD. Le Mexique par son histoire aux combats démocratiques considérables, qui ne pouvait pas être du monde bolivarien, le Mexique qui est à la fois face à l’Atlantique et au Pacifique (comme le Nicaragua, le Panama et la Colombie), le Mexique proche des USA, redevient la pièce maitresse de l’édifice politique alternatif, aux Amériques. Et les Zapatistes alors ? Ils viennent de fêter le 22 ème anniversaire d’un soulèvement oublié. Un peu avant ils ont publié un livre : Pour une pensée critique de l’hydre capitaliste.

 Le cas des Amériques est un bon moyen d’étudier la question nationale comme celle du nationalisme. Pérou et Equateur ont mille points communs et pourtant il n’y a rien de plus opposé que ces deux pays voisins. Et cette opposition entre voisins, souvent manipulée quand il s’agit de l’Afrique par les métropoles coloniales, est née là de réalités propres. Ceux qui tentent de définir les nations par une liste de caractères sont là face à bien des difficultés. On retrouve le problème quand Nasser pense possible d’unir des pays arabes !

 Bolivar comme Chavez sont restés fascinés par les USA alors que nulle part les USA ne peuvent se répéter… pas même en URSS.

 Oui, mais si les nations restent notre avenir comment empêcher les nationalismes si destructeurs à travers l’histoire pour avoir causé tant et tant de guerres ? En ne fuyant pas la question nationaliste, par le rêve a-national qui ne sert en retour qu’à alimenter le nationalisme ! Les nations sont et restent le lieu de l’expression démocratique des peuples. Les nations sont la preuve du politique. Jean-Paul Damaggio