A la dernière minute Artur Mas a cédé. Comme la CUP le lui demandait depuis plus de deux mois, il a laissé sa place et le problème est maintenant celui de… la CUP. Ce parti anti capitaliste a considéré que s'il persistait dans son refus, la droite risquait de gagner les nouvelles élections. Donc il se jette dans les bras de la droite… pour éviter la droite.

Mais, comme toute question catalane, ce n'est pas que la Généralité qui est en cause mais aussi la nomination d'un nouveau gouvernement à Madrid, c'est-à-dire une alliance entre le PP et le PSOE.

Carlos Monedero a souhaité raconter cette situation d'un point de vue de classe. ICI.

Quand la CUP a maintenu son refus de toute alliance avec Mas, les forces dominantes se sont trouvées dans l'embarras et Monedero a été étonné. "Mais la joie dure peu dans la maison du pauvre !". En acceptant que Carles Puigdemont, le maire de Girona (il n'écrit pas Gerona en espagnol) du même parti que Mas, prenne la direction des affaires de la Généralité nous sommes revenus à la case départ. Car politiquement entre Mas et Carles Puigdemont c'est la même politique.

La case départ c'est pour la CUP : "d'abord l'indépendance et ensuite les changements sociaux" or dans le contexte actuel rien ne peut changer localement si au minimum nationalement il n'y a pas une nouvelle constitution pour le pays. Carles Puigdemont comme Rajoy comme tous les pouvoirs en place travaillent en faveur de l'austérité donc il faut tout de même soutenir ce pouvoir pour après…. ?

Bref, cette même droite catalane qui vient de s'unir avec la CUP, peut préparer à présent son union avec la droite nationale…. Et des franges du PSOE peuvent, comme la CUP, voler au secours du PP avec ou sans Rajoy.

J-P Damaggio