Ardouin

Casquettes, un béret, écharpe rouge, cheveux blancs, calvities avancées, la foule était au rendez-vous en ce 31 mars au petit cimetière d'Escatalens. Paul Ardouin a été enterré avec les mots qu'il aurait aimé, des mots à plusieurs voix, des voix parfois aux mêmes mots : ténacité, enthousiasme, générosité, justice sociale, solidarité, communisme et même le mot égaré. Paul était fait d'un bloc mais le bloc ne faisait pas tout de Paul. Je n'aime pas prendre les photos en de telles tristes journées mais la journée était, aussi, historique car avec Paul partent les derniers pans d'une histoire achevée. Bien sûr on entendra les appels pour que les luttes d'hier soient encore fécondes aujourd'hui, grâce à l'action de Paul, et, passionné d'histoire, j'ai tendance à m'inclure dans cet univers.

Mais je sais que ceux qui ont fait la Révolution française ont puisé leurs références historiques non dans celle de la génération précédente mais dans l'antiquité. Par contre les auteurs de la Révolution de 1848 avaient en tête la mémoire proche de 1792. L'histoire n'est pas linéaire parfois elle saute des générations.

A mon humble avis, la journée était donc historique non pour ce qu'elle peut apporter demain, mais pour ce qu'elle a réalisé hier. J-P Damaggio

Photos_enterrement_de_Paul_Ardouin