Labyrinthe_20Alg_C3_A9rien_20-_20Maurice_20Mauviel02

La présentation sur le site de Maurice Mauviel ICI

 Un livre époustouflant, inclassable qui mêle souvenirs et études, avec rigueur, avec soin. Un livre pour la "transculture" que j’appelle le sous-réalisme. Un livre pour qu’un œil italien vienne dire à des Français ce qu’ils ne veulent voir. Ou pire qu’ils ne peuvent voir vu les nombreux masques qu’ils ont mis sur leurs yeux.

 Passé masqué, Passé retrouvé. Masqué par qui ? Retrouvé pour qui ? Un passé qui rattrape chacun, un passé qui ne peut jamais en finir de passer sinon ce n’est pas le passé, un passé qu’il faut démasquer. Pas pour dire l’Algérie véritable mais pour atteindre l’impossible.

 L’auteur en pleine guerre d’Algérie était instituteur heureux dans un village de ce pays mais comment le dire, à qui, pourquoi ? Maurice Mauviel réussit à montrer que notre futur était aussi déjà là hier dans ce passé masqué.

 Je dis « montrer » car il n’est pas question de démontrer une thèse, juste de rappeler la vie dans sa réalité, avec quelques points de repères et le plus permanent s’appelle Jean Pélégri.

 Ce livre est un aboutissement mais pourquoi à l’heure de l’arrivée pointer ce labyrinthe ? A cause du chemin parcouru ?

 Je l’avoue, avant toute lecture méthodique je suis allé lire le chapitre 7 : un énigmatique ami des Algériens, Eugène Razoua. C’est à cause de Razoua (1) que j’ai croisé Maurice. Puis j’ai repris une lecture normale et Razoua est devenu plus vivant. D’abord un portrait de la région qui a marqué l’instit d’hier : le Sersou steppique. Puis surprise, on passe à L’Orient dans A la Recherche du temps perdu, de Proust ! Pour vite retour vers la terre algérienne des Hautes-Plaines avec l’apparition de cet incroyable inconnu Corneille Trumelet. Et arrive là l’Orient et l’Algérie des Niçois et d’Aristide Calani. Dans un livre précédent aussi considérable que l’actuel, Maurice Mauviel s’était déjà penché sur le cas de Nice. Garibaldi est bien sûr au rendez-vous. Mais les surprises n’en finissent pas avec un autre inconnu au tableau : Albert Lentin.

J’ai l’air d’égrener des noms (sur le site de l'auteuir vous aurez toute la table des matières) mais en fait tout se recoupe en permanence, pour faire surgir l’Algérie inconnue. Dans la colonisation il distingue deux périodes (c’est vrai ailleurs) : le temps de la découverte où des Français vont rencontrer l’autre, puis le temps de l’exploitation où des Français vont dominer l’autre, deux périodes qui se sont succédées dans le temps mais qui ont continuées de se côtoyer même dans les moments les plus durs.

 Quand je lis les livres en références j’ai la surprise de trouver de Tynianov I. La mort du Vazir Mouktar qui personnellement m’a marqué à 20 ans plus que tout autre livre, sans que je puisse dire pourquoi !

A suivre. J-P Damaggio

(1) Cette lecture n'est pas sans rapport avec le fait que dans le message précédent j'ai eu envie de faire un point sur Razoua.