Lecointre

Par le plus pur des hasards en arpentant le dernier salon du livre de Paris  nous avons croisé, avec Marie-France, Guillaume Lecointre qui parlait de biologie. Directeur de département et professeur au Muséum national d’Histoire naturelle il évoquait un tout petit livre qu’il vient de publier : Descendons-nous de Darwin ?

Son propos est décapent et permet de faire le point sur les recherches actuelles en matière « d’évolution ».

A mes yeux, la création des USA en 1776 et de la France Républicaine en 1792 a libéré des énergies nouvelles qui ont fait du XIXe siècle un des siècles les plus productifs en matière de créativité (le XXe n’ayant que bénéficié de l’élan qui lui a été donné). En l’absence d’un pouvoir de droit divin, les hommes décidèrent de prendre leur part de pouvoir dans la société. Pendant longtemps j’ai mal discerné cette puissance inventive car je pensais que l’essentiel c’était l’affrontement entre révolutionnaires et réactionnaires. Or les hommes de droite ont bénéficié de cette libération des forces autant que ceux de gauche (je prends par commodité les notions de droite et gauche). D’où le cas de Balzac qui a passionné Lénine.

Bref, cet élan a permis l’émergence de talents inédits qui peuvent s’appeler Ingres, Delacroix, Courbet mais aussi Darwin ou Marx. Malheureusement les continuateurs des travaux de ces deux hommes ont jugé utile de les simplifier pour mieux les poursuivre. Spencer pour Darwin, Kautsky ou d'autres pour Marx etc.

Guillaume Lecointre permet d’en revenir à Darwin pour aller au-delà de Darwin. Se défaire des idées réductrices sur la sélection naturelle pour en arriver au cœur du vivant. Le plus souvent il s’agit de cesser de prendre l’effet pour la cause. Mais seule la lecture du livre, petit mais dense, permet de comprendre.

Nous avons ensuite échangé quelques mots avec l’auteur en évoquant avec lui Patrick Tort et ce n’est pas un hasard, il venait le faire un livre avec lui.

Hasard ou non ? A lire le livre j’ai repensé à celui de Jacques Monod Le hasard et la nécessité qui en son temps avait fait face à La logique du vivant de François Jacob.

Depuis la recherche s'est poursuivi mais je n'arrive pas à déterminer quel moment a relancé en partie la créativité des temps présents : la révolution numérique ? la profonde transformation des conditions de vie dans une part du monde ? A réfléchir. Jean-Paul Damaggio