Echenique_Barrena

Le premier trimestre 2016 a changé la configuration politique de l'Espagne. Podemos était né sur la base "ni droite, ni gauche" en pensant qu'ainsi le mouvement allait pouvoir rassembler tout le peuple contre les élites. Donc aux Européennes de 2014 toute alliance avec Izquiera Unida (IU) a été refusée des deux côtés. Cependant, au Parlement européen les députés des deux partis se sont retrouvés ensemble. Par la suite est né Ciudadanos pour rassembler les mécontents de droite.

La nouvelle configuration est apparue aux élections municipales et régionales : la question des alliances est revenue au premier plan or le reproche de Podemos à IU était sa politique… d'alliances parfois avec le PSOE et une fois avec le PP. Pour les dirigeants de Podemos l'échec historique d'IU venait de cette politique d'alliances.

Sauf que les résultats des élections législatives de décembre dernier ont démontré que, plus que jamais, l'Espagne ne serait gouvernable que par des… alliances. Alors Podemos qui avait toujours annoncé la couleur, "pas d'alliances avec le PSOE" a choisi d'entrer dans les discussions d'alliances. De son côté IU a décidé d'abandonner le rôle de force d'appoint du PSOE.

Pour Podemos comme pour IU les militants ont été consultés.

Côté Podemos les résultats ont été affichés sur le site internet : 393 000 membres ont été appelés à voter, 204 000 ont décidé de voter, 149 000 ont eu le vote validé et 131 000 (88%) ont refusé toute alliance avec à la fois PSOE et Ciudadanos.

Côté IU, un vote a eu lieu le 2, 3 et 4 sur l'alliance ou pas avec Podemos, mais le résultat n'est pas connu à ce jour, cependant tous les observateurs s'accordent à penser que l'alliance va être en place pour les nouvelles législatives du 26 juin. Le vote concernait 20 000 membres et 50 000 sympathisants.

Le débat droite/gauche qui était parti par la grande porte est revenu par la fenêtre ?

La politique est normalement faite d'articulation entre tactique et stratégie sauf que le plus souvent la tactique occupe toute la place.

Pour cette nouvelle alliance, plus question pour Podemos et IU de dire : "pas d'alliance avec le PSOE" mais au contraire : "le PSOE va devoir s'allier à gauche". Est-ce que le débat politique est revenu au point de départ ? Pas exactement car auparavant le PSOE pouvait tirer les ficelles alors qu'à présent il est tiraillé par toutes les ficelles. Le PSOE voulait accroître les tensions internes dans Podemos entre ceux qui souhaitaient l'alliance avec lui et ceux qui s'y opposaient, et il se retrouve avec des tenisons internes entre ceux qui refusent tout alliance avec Podemos et ceux qui accepteraient.

Au total, une alliance pour quelles politiques ? Les négociations sont engagées (les deux négociateurs sur la photo) entre Podemos et IU pour un programme de combat social. Bien sûr, dans IU certains pensent que le mouvement va se faire phagocyter par Podemos et qui refusent toute alliance.

Le contenu du programme va-t-il susciter une dynamique ?

Le 26 juin les votants trancheront. J-P Damaggio