la terre

A chercher une photo de Guiche à l'enterrement d'Ardouin je tombe sur cet article d'Ardouin au moment où il était exlu du PCF en 1960. Ce texte reflète une vérité bien connue au sujet du PCF d'alors : ou il commandait ou il dénigrait. J-P Damaggio

 

Journal du PSU octobre 1961

Comment le journal communiste " LA TERRE " déforme la vérité

Il parait, d'après le journal La Terre que l'on ne peut défendre les producteurs de maïs, si l'on siège avec à ses côtés des représentants des « hobereaux» et entre autres, MM. Bézard-Falgo et Piet… Aussi dans ses colonnes le journal La Terre me prend personnellement à partie.

Comme l'histoire est facile à écrire... pour ceux qui ne l'ont pas vécue. Défenseur des petits et moyens producteurs, je m'évertue à faire triompher les points de vue de l'exploitation familiale et la section des producteurs de maïs ne trahira pas cette fonction, car c'est une majorité de petits et moyens producteurs qui m'ont élu à la présidence, « et les gros» ne sont que minoritaires.

Je n'ai pas de leçon de démocratie syndicale à recevoir de ceux qui préfèrent rester chez eux pour ensuite critiquer. En effet, lors la F.D.S.E.A. du Tarn-et-Garonne tint la réunion constitutrice de sa section maïs, tous les syndicats du département furent invités et tous les producteurs de maïs.

Les syndiqués du canton de Verdun-sur-Garonne élirent comme délégué cantonal, M. Bézard-Falgo H. Lors de cette élection où se trouvait le délégué cantonal de la Fédération des Exploitants, pourtant sous l'influence des leaders communistes de Verdun-sur-Garonne. Où se trouvait le Président du Syndicat agricole de Bessens, lui aussi communiste, et le Président de la section départementale des Fermiers et Métayers ? Tranquillement chez eux.

Leur présence aurait peut-être permis d'éviter les soi-disant hobereaux et de renforcer encore dans la voie de la défense de l'exploitation familiale, la section des producteurs de maïs.

Mais comme pour les communistes, une organisation syndicale, un mouvement n'a de valeur que dans la seule mesure où il est entièrement dirigé «par des camarades». On ne cherche pas à jouer le jeu de la démocratie syndicale. A suivre cette voie, le syndicalisme ressemblerait étrangement au Mouvement de la Paix.

Les producteurs de maïs savent que je suis un ardent défenseur de l'exploitation familiale.

S'il y a des gros producteurs dans le Conseil d'Administration, il n'y a pour moi aucune collusion malhonnête. Je m'évertue uniquement à faire triompher au sein de la F.D.S.E.A. du Tarn-et-Garonne les revendications de «l'Exploitant Familial ». C'est peut-être moins démagogique que le bruit fait par un «groupement sclérosé de petits amis » mais c'est plus constructif. En effet : qui a fait, accepter le principe d'un quantum social, véritable salaire minimum garanti pour l'exploitant familial ? Le Président de la section « maïs » et non le journal «La Terre ».

 

J'arrête là cette polémique, mais il fallait rétablir la vérité. Ne vaut-il pas mieux que plutôt de se livrer à ces manœuvres de division des petits exploitants, que les communistes rejoignent les rangs de la famille syndicaliste agricole du Tarn-et-Garonne pour y faire triompher l’exploitation familiale.

Il faut pour terminer, que les paysans communistes du département sachent que certains de leurs leaders lors de la création de la C.G.A, n'ont pas hésité à faire cause commune avec les éléments les plus réactionnaires du monde agricole du Tarn-et-Garonne pour empêcher de constituer une véritable unité de toutes les organisations agricoles de ce département. Il est vrai qu'au dernier conseil d'administration de la Fédération Nationale des Syndicats d'exploitants agricoles, le communiste Abadie a fait cause commune contre Bruel et les jeunes agriculteurs avec les gros hobereaux du Nord de la Loire.

Ardouin président de la section « maïs » du Tarn et Garonne