Jaur_s_Robespierre_et_la_religion

 Voici deux comptes-rendus sur la question de la déchristianisation qui complète la publication sur le curé rouge.

Je donne en document le point de vue Jaurès sur Robespierre où on constate combien les réflexions de Jaurès sont d’actualité, après la fin de l’URSS et la montée de l’islamisme. Mais à lire sans anachronisme !

J-P Damaggio

 Mercure de France 13 novembre 1913

De son côté, M. Edmond Campagnac, avec son mémoire sur les Débuts de la Déchristianisation dans le Cher (septembre 1793), apporte à l'histoire religieuse de la Révolution une contribution que le compétent M. Albert Mathiez, dans la préface qu'il a écrite pour ces pages, apprécie en termes élogieux. Pour Robespierre, dit M. Mathiez, la déchristianisation était, au moins politiquement, une erreur. Elle desservit la Révolution de diverses manières, notamment en décourageant le clergé constitutionnel et en donnant raison au clergé réfractaire. Ceci, à un tel point que M. Mathiez voit dans la déchristianisation une intrigue ultra-démagogique, avec un fonds peut-être bien contre-révolutionnaire, dirigée contre le Comité de Salut public. La démission de Gobel serait particulièrement à étudier, sous ce rapport. La monographie de M. Campagnac, en montrant les déchristianisateurs à l’œuvre dans le Cher (quoique avec des procédés moins violents et une moins grande méconnaissance des choses qu'on eût pu croire), permet d'apprécier la portée de leurs actes. De tels travaux aideront aussi à préciser l'attitude de Robespierre et des Jacobins en matière de politique religieuse. Il y a, de ce côté, certainement, des distinctions que les historiens sont tenus de faire. Mais cela n'est pas toujours facile : le Bloc….

 

Revue des Questions historiques

M. Edmond Campagnac nous retrace le rôle que Germain Métier (1758-1825), prêtre constitutionnel en attendant qu'il abjure le sacerdoce, joua en Seine-et-Marne, comme délégué du représentant du peuple Du Bouchet. Métier usa largement des pouvoirs illimités que lui conféraient ses fonctions. A Melun, il réorganise le comité de surveillance et crée un comité central, vrai Comité de salut public, procède à l'épuration générale des autorités constituées (district, corps municipal, conseil général, administration départementale), réforme la justice, fait enfin arrêter les suspects, les spéculateurs et les agioteurs. A Fontainebleau, il établit également le régime de la Terreur, multipliant les destitutions et les arrestations. Sa conduite suscita des haines violentes et il fut dénoncé à la Convention. Soutenu jusqu'au bout par Du Bouchot, Métier se vit cependant retirer ses pouvoirs (13 brumaire an II). Après Thermidor, il fut même détenu quelque temps. Renonçant à la politique, il se maria et s’établit épicier à Nemours où il mourut.

Annales révolutionnaires, juillet-septembre 1913 Un curé rouge Métier.