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Je viens d'achever la préparation de la réédition de mon étude sur les sans-culottes de Montauban qui date de 1986. Je cherche sur internet s'il y a du nouveau depuis, mais faute de travaux nouveaux, je tombe sur une numérisation des archives en cours par l'université de standford et je peux ainsi recopier cette lettre à la Convention que je n'avais pas noté et qui, comme tant d'autres, pose des questions précieuses. J-P Damaggio

 

La Société populaire de Montauban, à la Convention nationale.

« Montauban, le 20 septembre 1793, l'an II de la République une et indivisible.

« Législateurs,

« Un nouveau bienfait manque à la générosité nationale. De toutes les fonctions publiques, il n'y a que les municipales qui ne soient pas salariées, et cependant elles ne sont pas moins importantes, moins utiles à la chose publique. Elles ont même un rapport plus immédiat, plus direct avec le peuple, qui ne voit, ne s'adresse d'abord pour un nombre infini d'objets, et notamment pour les subsistances, qu'aux municipalités; et c'est de la bonne ou mauvaise administration de celles-ci que le citoyen reçoit sa tranquillité, ou éprouve des inquiétudes. Cependant le peuple est forcé de donner son choix à des gens riches qui ont le temps de s'occuper de l'administration, et l'expérience n'a que trop prouvé qu'ils ne sont pas les plus révolutionnaires, car s'il n'y avait eu à Marseille, Lyon, Bordeaux et Toulon que des sans-culottes, la Révolution fleurirait encore dans ces contrées, que la cupidité et l'égoïsme mal entendus ont égarées ou perdues.

Hâtez-vous donc, citoyens législateurs, de faire cesser cette inégalité qui existe dans la distribution des bienfaits de la République. Décrétez qu'au renouvellement des municipalités, dont votre sagesse restreindra sans doute le nombre trop considérable, les citoyens qui les composeront recevront un traitement proportionné à leur travail. Etendez cet acte de justice à tous les comités de salut public, légalement établis qui, comme vous l'avez reconnu, sont les vraies colonnes de la Révolution ; et nous nous félicitons d'en avoir un dans notre sein qui n'a pas peu contribué à empêcher le fédéralisme dans le Midi. Par là vous aurez dans les administrations des vrais sans-culottes qui, ne consultant que le salut de la patrie, ne seront jamais retenus dans les démarches révolutionnaires par des considérations personnelles, pusillanimes et indignes des vrais républicains et qui, avec du pain et du fer, sacrifient tout le reste aux bienfaits de la liberté et de l'égalité.

Les membres composant le comité de correspondance : Delbrel cadet, président; Rival cadet; Poncet-Delpech; Lacroix.

Vu par nous président et secrétaires de la Société : Urbain Bergis La Graverie, président; Vidal, ex-secrétaire; Jean-Pierre Tachard, ex-secrétaire; Boustel fils cadet, secrétaire. »