Il arrive qu’en quelques minutes l’histoire d’un homme puisse basculer. C’est ce qui est arrivé à des centaines de communistes qui, plutôt que de lire le décret du 24 août se sont mis à écrire des tracts pour comme l’indique La Dépêche dans le premier article : défendre la France et soutenir Staline. Les deux actions étaient devenues incompatibles mais les juges ne retiendront que le deuxième élément. Et pour avoir soutenu Staline des hommes qui ensuite se distingueront dans la défense de la France vont se retrouver en prison, ce qu’ils n’imaginaient pas une seconde avant. En a-t-il été de même de ceux qui les arrêtèrent et les condamnèrent ?

Et quand j’écris « basculer » aucun des communistes concerné ne pouvait imaginer comment leur vie allait même basculer au sein de leur propre parti ! J’ai beaucoup étudié ce tournant de l’histoire mais je ne donne ici que les articles de presse qui s’en font l’écho. J-P Damaggio

 

 

(La Dépêche du 29 août 1939).

 Tract communiste.

La section de Montauban du parti communiste français a fait distribuer en ville un tract au duplicateur, où les derniers partisans du Mr Staline s'évertuent à excuser la trahison de la cause de la paix dont s'est rendu coupable leur singulier directeur de conscience.

Cette manœuvre intempestive et maladroite ne rehaussera pas ses auteurs dans l'opinion publique.

De ce factum déplacé, nous voulons seulement retenir, pour l'instant, les deux passages auxquels auraient dû s'en tenir nos communistes staliniens.

Au premier paragraphe, en effet, nos communistes déclarent : "Devant la menace, l'Union du peuplé de France s'est faite spontanément.

Cette union spontanée est l'expression du patriotisme et du courage de notre peuple qui veut défendre ses libertés et son indépendance nationale, qui veut que soit respectée l'indépendance des peuples.

Les communistes tiennent à affirmer à nouveau, que pour une telle lutte ils seront toujours au premier rang, ils accompliront tout leur devoir.

"In fine" : "Les communistes français font cependant partie de la nation, ils ont maintes fois proclamé et ils proclament qu'ils la défendront en cas d'agression. A bas le fascisme ! Vive la République ! Vice la France libre et indépendante!".

Voilà qui est parfait. Pourquoi fallait-il que ces déclarations bien françaises encadrent un plaidoyer alambiqué on faveur de la traitrise du grand chef des Soviets ?

 

(La Dépêche du 30 août 1939)/

 Perquisitions

En exécution d'une commission rogatoire du juge d'instruction à Montauban, une perquisition a étéi effectuée au domicile du nommé Couché, secrétaire du parti communiste, par Mr le commissaire de police Martrou, assisté de l'inspecteur Grenaille, du brigadier chef Josa et du brigadier Lahalle.

Plusieurs tracts ont été saisis. Couchet a été conduit ou commissariat du police pour être mis à la disposition du parquet.

Deux autres inculpations sont imminentes.

 Le Républicain reprendra la même information le 2 septembre

 

(La Dépêche 1er  septembre 1939).

L'agitation communiste

Le mercredi 30 août, en exécution d'une commission rogatoire du juge d'instruction en vertu d'une procédure pour infraction au décret du 24 août 1939 contre les nommés Pierre C...., secrétaire du parti communiste, Raymond M...., Gaston G...., militants communistes et d'autres, plusieurs perquisitions ont été effectuées par Mr Martrou, commissaire de police, assisté de Mr Grenaillle, inspecteur et Josa Brigadier chef de la sûreté.

A la maison du peuple om Mr M….  possède un bureau et à son domicile, rue Villenouvelle, en sa présence, plusieurs dossiers ont été examinées. Il n'a été découvert aucun document de nature à être saisi.

Par contre au siège du parti communiste, premier étage du café de l'Industrie, une machine à écrire, dite Copivit a été saisie.

Elle paraît avoir nervi à la confection de tracts dont une partie a été saisie au domicile du secrétaire du parti,         une autre distribuée en ville. Un mobilisé en avait regu un.

MR M.... a été invité à se présenter devant le juge d'instruction.

 

(La Dépêche du 7 septembre 1939).

Menées communistes.

Le 5 septembre Mr le commissaire de police, accompagné par Mr le commissaire spécial a procédé à l'arrestation du nommé I. A…, commune de St Aignan qui avait distribué des tracts communistes aux abords de la Compagnie Française des Métaux. Il a été mis à la disposition de Mr le Procureur de la République.