sans-culottes

Pour cette réédition accessible gratuitement sur internet il existe 20 exemplaires de la version papier (15 euros, 260 pages, format A5).

Ici vous avez la nouvelle préface.

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Préface 2016

Trente ans après exactement je reprends cette étude qui avait occupé trois ans de ma vie. Une coïncidence a voulu que j’apprenne enfin, le 24 juin 2016, grâce à un lecteur de mon blog, qu’Edmond Campagnac était né à Nègrepelisse en 1880. J’avais croisé Campagnac en 1987, à propos d’un inédit de Cladel sur Danton et Robespierre et depuis je cherchais à connaître cet élève à Montauban d’Albert Mathiez dont il deviendra l’ami. Il a été effacé de l’histoire, et y compris de l’histoire locale, lui qui a tant fait pour Cladel, Delthil, Bourdelle, et Marcel Lenoir. Il a par exemple édité un livre introuvable sur ce peintre !

Ayant découvert, suite à l’indication du blog, sa nécrologie dans les Annales Historiques de la Révolution Française, j’ai pu aussi y lire d’autres articles sur la Révolution, et de fil en aiguille je me suis replongé dans le sujet. J’ai relu mon livre de 1986, et j’ai eu plaisir à le recopier avec des moyens techniques autres que le modeste Amstrad qui n’avait aidé pour ma première auto-édition.

Je le reprends d’autant plus que la question des sans-culottes à Montauban est restée au point mort or les inventions de l’an II n’ont jamais quitté l’actualité. Le droit au divorce, l’abolition de l’esclavage, la laïcité, l’économie dirigée etc. autant d’exemples de grande importance.

A le recopier, je n’ai rien eu à changer sur le contenu par contre que d’imperfections techniques ! Pourquoi écrire le nom Michel Voyelle au lieu de Michel Vovelle, moi dont j’avais ses livres dans ma bibliothèque ? Il m’est arrivé le même problème avec Michel Clouscard que pendant longtemps j’ai écrit Glouscard, ou avec Vazquez Montalban que j’écrivais Vasquez Montalban ! Je ne dis pas que la toilette subie est parfaite mais de ce côté-là il y a une première amélioration.

 Pour le contenu, j’avais eu le plaisir de le poursuivre. Comme indiqué au cas Gautier-Sauzin, ce travail est né d’un malentendu. J’ai eu envie d’enrichir la découverte de Félix Castan comme quoi ce Gautier-Sauzin, défenseur de la langue d’oc était un robespierriste, et j’ai vérifié que Claude Mazauric avait raison, ça ne pouvait pas être ! Félix Castan a alors fait comme si je n’avais rien écrit ni sur Gautier-Sauzin ni sur personne ce qui ne m’a pas empêché de poursuivre mes études dans la sphère occitaniste.

Le hasard a voulu que si Gautier-Sauzin tende mes rapports avec Félix Castan - avec qui j’ai tout de même travaillé vingt ans – j’ai, pour cause d’un colloque sur la question linguistique pendant la Révolution, croisé René Merle qui lui, a pu me mettre en rapport avec une descendante d’un des personnages du livre, François Pastoret. Si Castan et Merle étaient comme moi des communistes, Castan n’a jamais cessé de combattre l’occitanisme de René Merle qui avait publié un livre pourtant essentiel : Culture occitane per avançar[1].

Résultat : ma vie durant j’ai été marqué par l’œuvre de Pastoret et celle de René Merle.

Puis, les merveilles d’Internet me permirent de rassembler beaucoup de textes sur un événement qui court le long de ces pages, le 10 mai 1790 à Montauban[2].

 En 1986 j’étais loin d’imaginer que mes recherches historiques seraient ensuite, autant marquées par l’étude de la contre-révolution (autour du coup d’Etat de 1851), dont le 10 mai 1790 fut le modèle pour longtemps ! Or il n’y a de révolution qu’en lien avec une contre-révolution ! Sur ce point Félix Castan, sans le savoir, m’a beaucoup éclairé en me poussant à la rencontre du philosophe Henri Lefebvre grand maître de la dialectique.

 Donc cette réédition boucle la boucle. D’autant que j’y redécouvre mon indiscipline atavique : je suis loin des critères universitaires du savoir, sans aucun mépris envers de tels travaux (j’en fais grand usage) même quand ils ne sont qu’une étape dans un plan de carrière. Ma vie de fonctionnaire élémentaire a pu me dispenser de tout plan de carrière. J’ai fini ma vie d’instit comme je l’avais commencée, au degré zéro de l’échelle. Indiscipline car, surtout dans la deuxième partie du livre je mêle histoire et actualité et j’y découvre une part prémonitoire d’autobiographie. J-P Damaggio



[1] Editions Sociales, 1977

[2] Révolution/Contre-révolution, le cas du 10 Mai 1790 à Montauban, 180 pages, 12 euros, Editions La Brochure