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Question classique à un candidat à la présidentielle : "Vous dix premières mesures concrètes si vous êtes élus ?"

Réponse classique de Mélenchon : "En premier, réunir une assemblée constituante".

Je dis réponse classique car c'était déjà ça en 2012.

Sauf que je n'ai pas encore compris le concret de l'opération !

Un président élu a pour première obligation de former un gouvernement pour organiser les élections suivantes; les élections législatives.

Est-ce que l'élection d'une assemblée constituante dispense le pays d'une élection législative ?

Quel mode de scrutin pour l'assemblée constituante ?

Qui peut décider de ce mode de scrutin ? Des décrets présidentiels ?

Est-ce qu'un président, dans le cadre de la Cinquième république peut convoquer une élection à une assemblée constituante ?

Comme ça ne me dérange pas que la constitution actuelle ne soit pas respectée à la lettre, je ne pose la question que pour des raisons de clarté politique.

Mais pourquoi autant de questions précises ?

Car dans toute élection présidentielle l'électrice et l'électeur se pose aussitôt la question : avec qui mon candidat va gouverner ?

C'est ainsi que depuis l'existence de cette élection, des candidats sans forte présence législatives ont été, au fil de la campagne, disqualifiés.

En 2002 Chevènement fut à un moment le troisième homme et à l'arrivée le courant de sympathie s'est effondré. En février 2002, un sondage donne Chirac à 23 %, Jospin à 22 % et Chevènement à 12 %. Le Pen n'est alors qu'à 7 %, comme Arlette Laguiller. A l'arrivée Chevènement fera 5,3% et Robert Hue 3,3%. Le candidat du PCF est aussi doublé par LO (5,7%) et par la surprise du petit facteur de la LCR (4,2%). (sur la carte les départements où les trois premiers sont arrivés en tête en 2002 avec le Sud-Ouest très Jospin sauf Lot et Garonne et Tarn et Garonne).

Pour qu'un candidat soit en position de gagner il lui faut être clair sur une question comme l'Assemblée constituante, sinon au fil des jours le vote se dirige à nouveau vers les partis ayant des relais législatifs, donc Les Républicains et le PS. Problème exactement le même pour Bayrou et les centristes. Après une 6,8% en 2002, il passe au score sidérant de 18,5% en 2007 mais retombe à 9,1% en 2012. C'était un candidat sans majorité législative potentielle. Le problème est le même pour Marine Le Pen.

Pour sortir de ce piège Mélenchon n'a qu'une solution : parler avec précision du projet d'assemblée constituante sinon c'est une proposition en l'air qui ne peut convaincre personne. La différence entre la proposition d'en revenir à la retraite à 60 ans et celle d'une assemblée constituante, c'est que dans le premier cas bien des questions intermédiaires se posent, mais pas dans le deuxième. Quand Jospin déplace le calendrier électoral pour mettre les législatives après la présidentielle ce n'est pas sous l'effet d'un lobby économique, sous l'effet d'une concurrence internationale, c'est strictement politique et il a été totalement responsable. J-P Damaggio