Réu bruniquel

Je ne plaide pas pour réduire les médias à leurs méfaits sous peine de laisser croire que je préfère des médias aux ordres dans des dizaines de pays sans liberté de la presse.

Je ne plaide pas pour confondre des médias de peu de poids comme les blogs, les « réseaux sociaux » et les grands médias qui font l’opinion et qui sont cause des méfaits. Avec le cas précis d’une réunion à Bruniquel je vais pointer l’écart entre réalité et manipulation.

En Tarn-et-Garonne deux journaux dictent leur loi. Entre un titre en première page de La Dépêche ou du Petit Journal et ce que chacun peu dire ou écrire il y a un fossé immense en matière d’impact. Y compris des esprits très critiques vis à vis de La Dépêche vont finalement reprendre ce que dit le journal pour traiter d’une question ! D’autres vont lire les deux journaux pour comparer et se faire une idée juste, mais marquée par les deux camps !

Pour ma part je n’écris, à propos du Tarn-et-Garonne, qu’à partir de ce que j’ai vu sans prétendre que là réside la vérité. J’ai ainsi vérifié cent fois qu’entre une séance du Conseil aujourd’hui départemental et sa présentation dans la presse locale, il y a du jour à la nuit ! Donc le cas d’une réunion du C.A.O. de Bruniquel.

1 ) Le miracle de Saint-Antonin

La Dépêche comme le préfet qui sont plutôt solidaires, quand le propriétaire de La Dépêche est le supérieur hiérarchique du préfet, insistent sur le miracle de Saint Antonin : là-bas tout fut le paradis (voir article que j'ai écrit sur le sujet). Une façon de pointer du doigt la population de Bruniquel si peu compréhensive ! Si on regarde du côté des C.A.O. en général il n’y a eu nulle part d’incidents graves, mais si on regarde du côté de la population il existe partout les mêmes inquiétudes, et quand on célèbre le cas de Saint-Antonin, plutôt que de calmer les inquiétudes on les aggrave car le simple citoyen sait que la crainte de l’étranger est partout largement partagée. Face à toutes les immigrations cette crainte a eu un fond de vrai monté en épingle pour masquer la réalité globale, les étrangers ne sont pas plus délinquants que la moyenne des français. En 1930 il n’y avait pas un vol sans que des Italiens soient aussitôt accusés. Parfois c’était vrai, souvent c’était faux. Il n’est pas mieux de monter les Français contre les Etrangers que de monter la population d’un bourg contre la population d’un village.

2 ) De son côté Le Petit Journal titre : « Rencontre avec Michel Montet, maire de la commune : Accueil des migrants : Pourquoi Bruniquel a dit « oui »…

A partir de la position d’un maire, le journaliste en déduit : « Bruniquel a dit « oui » » et j’imagine sans mal la réaction de tous ceux qui à Bruniquel pensent « Non » !

D'une conversation sans doute téléphonique entre le maire et le journaliste qui lui, par contre, aurait eu du mal à interroger le préfet pourtant à la base de la décision, il retient quelques mots et il est frappant de constater l’écart avec ceux mentionnés par France 3 et que le maire va répéter à la réunion : "le conseil municipal a dit oui… à partir des garanties apportées par le représentant du préfet."

3 ) Alors que la questions est sensible, La Dépêche du dimanche 11 septembre va l’évoquer ainsi : « BRUNIOUEL caserne à saisir. Comme nous le révélions dans notre édition de jeudi, l'ancienne caserne de la gendarmerie de Bruniquel va abriter un centre d'accueil et de réfugiés de la jungle de Calais, à partir de la mi-octobre. Les Bruniquelais sont d'ailleurs invités à une réunion publique demain soir à19 heures, à la salle des fêtes de la commune. Très discret, lors de la révélation de cette information, la préfecture et le conseil départemental, s'expliqueront lundi. En attendant, les services du Département, ont envoyé, vendredi soir, un bref communiqué : En début de semaine, le Préfet de Tarn-et-Garonne Pierre Besnard a informé Christian Astruc, président du Conseil départemental, de la réquisition des locaux de l'ancienne gendarmerie de Bruniquel (dont les murs appartiennent au Département) pour y créer un centre d'accueil temporaire pour des migrants en provenance de Calais. En retour, le Président Astruc lui a signalé sa volonté de vendre ces locaux. C'est pourquoi ce futur centre d'accueil ne s'installera dans un premier temps que pour une durée de trois mois, à partir du mois d'octobre », indique le Département. Y'aurait-il du tirage dans l'air entre la préfecture et le Département ? »

Bien sûr qu’il y a du tirage dans l’air entre la préfecture et le département et le département a raison de vouloir vendre un bâtiment dont l’Etat a décrété l’inutilité en fermant la gendarmerie en 2009. Voilà comment La Dépêche qui en cette affaire (à l’inverse du Petit Journal) zappe l’existence du maire et de la population, cherche surtout à faire monter la polémique entre Astruc et le préfet ! Inutile de dire qu’à la réunion évoquée Le Conseil départemental était absent puisqu’il n’avait rien à y faire. Il ne fut d’ailleurs jamais mentionné. Quant au fait de la révélation de l'info, elle nous renvoie aux accointances entre le préfet et le journal.

4 ) Les gendarmeries ont été conçues par canton et Bruniquel faisant partie du canton de Monclar n’aurait jamais dû avoir un tel établissement. Mais, une usine sidérurgique y a été installée et alors, la population ouvrière étant sujet d’inquiétude, une entorse a été faite à l’ordre des choses. Tradition oblige cette gendarmerie est restée même après la fin de toute présence d’usine. En conséquence le simple citoyen pouvait s’étonner que Montricoux soit sans gendarmerie et Bruniquel oui. La fermeture de cet établissement était donc logique et voilà comment son existence, comme un boomerang, devient un sujet d’inquiétude. Toutes les autres gendarmeries fermées (je parle de la partie logement car il reste quelques heures d’ouverture) sont des gendarmeries de chef-lieu de canton donc en des endroits beaucoup plus peuplés. Bref, cette situation venue de l’histoire est aussi un élément qui rend le CAO de Bruniquel original. Et ce point devrait entrer en ligne de compte dans l’information. J-P Damaggio