homa hoodfar

Je quitte pour un instant l'Iran de Michel Foucault, pour l'actualité. Au moment où les dirigeants de l'Iran interdisent le vélo aux femmes, je note sur le facebook de Jacques Desmarais le rappel de la lutte au Canada pour faire libérer Homa Hoodfar. Voir ICI.

Côté français la question n'a jamais été évoqué ni par Libération, ni par L'Humanité. Le Monde a publié un petit texte de deux intellectuels et Le Figaro a publié une petite note. C'était au moment de l'arrestation et depuis silence ! Fort heureusement les actuels dirigeants de l'Iran sont des réformateurs ayant battus les conservateurs aux élections ! Jean-Paul Damaggio

 Article du Monde

 « Source précieuse de lumière, la professeure Homa Hoodfar doit être libérée des geôles iraniennes » LE MONDE | 29.07.2016

Par Edgar Morin, sociologue et philosophe, et Charles Taylor, philosophe.

Le 6 juin, la professeure Homa Hoodfar a été arrêtée par les gardiens de la révolution islamique. Elle est détenue depuis, à la consternation générale, dans la prison d’Evin à Téhéran. Plus récemment – le 11 juin –, elle a été inculpée pour des raisons inconnues, bien que les médias conservateurs indiquent qu’on la soupçonne d’être mêlée à des activités féministes et à des questions relevant de la sécurité. Anthropologue de réputation internationale, Homa Hoodfar a été soumise à de nombreux et pénibles interrogatoires et s’est vu interdire tout contact tant avec sa famille qu’à son avocat. Or, le féminisme n’est pas un crime en vertu de la loi iranienne et la lutte pour la défense des droits des femmes en Iran remonte, au moins, à la révolution constitutionnelle de 1906. Les travaux de la professeure Hoodfar sur la participation des femmes à la vie publique au sein des sociétés musulmanes seraient subversifs aux yeux des gardiens de la révolution et constitueraient une menace à la sécurité de la République islamique. Les griefs formulés à l’endroit de la professeure Hoodfar et la persécution dont elle fait l’objet en Iran participent d’un mouvement plus vaste de répression destiné à intimider tout universitaire, intellectuel, journaliste ou militant qui s’interroge publiquement sur les pratiques du régime. Pas une militante. Cette situation est des plus bouleversantes, non seulement pour tous les Canadiens,...

Le Figaro

Une canado-iranienne emprisonnée en Iran  le 09/06/2016 à 03:32 

 Une anthropologue canado-iranienne, Homa Hoodfar, professeur à l'université Concordia à Montréal, a été arrêtée et est détenue en Iran depuis lundi, a-t-on appris, hier, de sources concordantes.  Homa Hoodfar, 65 ans, a été emprisonnée à la prison d'Evin à Téhéran, ont indiqué des membres de sa famille. L'anthropologue, qui a aussi la nationalité irlandaise, s'était rendue en Iran en février pour poursuivre ses recherches ethnographiques sur le rôle public des femmes. Elle est l'auteur de plusieurs ouvrages sur les femmes et la sexualité dans le monde musulman. Homa Hoodfar avait été interpellée une première fois le 10 mars par une unité du contre-espionnage des Gardiens de la révolution, quelques jours avant son retour prévu au Canada, selon ses proches. A cette occasion, son logement avait été perquisitionné et ses biens, y compris son passeport, ont été saisis, a précisé une porte-parole de la famille, Amanda Ghahremani. Homa Hoodfar ne pouvait depuis quitter l'Iran et avait été soumise à de longs interrogatoires. Elle a été emprisonnée lundi après un autre de ces interrogatoires, a ajouté Amanda Ghahremani.

 Pour le vélo voici le début d'un article récent de Libération ;

Le vélo, objet d’émancipation, apparemment trop dangereux pour les femmes. A la fin du XIXe siècle, sitôt la machine inventée, des médecins s’ingéniaient à déconseiller la pratique aux femmes occidentales. Aujourd’hui, c’est le Guide suprême de la Révolution islamique en Iran qui réaffirme l’interdiction. «Les femmes qui font du vélo en public et devant les yeux des namahram [en fait tout le monde, sauf le père ou le frère d'une personne], attirent souvent l’attention des hommes et poussent la société vers la corruption morale et la débauche, déclarait Ali Khamenei, la plus haute autorité politique du pays, auprès d’une agence de presse gouvernementale, le 10 septembre. Ceci est contraire à la chasteté des dames. Il est nécessaire de l’abandonner.»