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Cas possibles : 

1 ) Expliquer ou dénoncer

On peut bien sûr expliquer pour dénoncer ou dénoncer comme forme d’explication.

2 ) Dévoiler ou ne pas trouver

Toute écriture tend plutôt à dévoiler (quand elle explique autant que quand elle dénonce) mais peut affirmer aussi l’impossible clef à trouver.

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3) Par le haut ou par la base

Expliquer par la puissance du sommet (la famille Le Pen) ou par la détermination de la base (les électeurs).

Ou dénoncer la puissance du sommet (la famille Le Pen) ou la détermination de la base (les électeurs).

 Ces catégories qui conduisent à une seize postures ne représentent rien de spécifique par rapport à l’objet Front national donc après cette toile de fond il faut entrer dans le vif du sujet.

Il s’agit d’expliquer ou de dénoncer  un parti politique donc ça suppose une autre toile de fond sur qu’est-ce que la politique ?

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Pendant des décennies la politique… c’était la gauche. Dans ma campagne quand on disait de quelqu’un qu’il fait de la politique c’est qu’il défendait la gauche. Pour le dire autrement : la droite faisait consensus et la gauche arrivait pour briser ce consensus en annonçant qu’on pouvait changer le monde.

Aujourd’hui nous vivons la transfiguration de la politique. Dans ce contexte :

1 ) Le FN parti du passé ou de l’avenir ?

Bien sûr le souci de l’avenir n’interdit pas la référence au passé. Comme dans  toutes les classifications il s’agit de tendances qui s’articulent et en fait plus que les tendances l’essentiel tient dans les articulations.

2 ) Le FN parti de France ou d’ailleurs ?

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Dans le cadre de la globalisation comme s’articule la vie politique en France, en Europe et dans le monde. C’est de France qu’est née la division droite/gauche. Le FN fait-il naître quelque chose ?

3 ) Le FN du côté du politique ou contre le politique ?

Si hier la droite prétendait ne pas faire de politique alors qu’elle avait le pouvoir, aujourd’hui elle ne veut plus faire de politique car elle délaisse le pouvoir au profit des forces économiques.

 Cette fois on est entré en partie dans le cas FN en posant comme postulant que tout parti politique se définit par rapport aux autres et non en lui-même. Il reste cependant à

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traiter le FN en tant que tel et je constate que mon explication de « écrire sur le FN ? » est déjà un forme d’explication car d’autres auraient plutôt commencé par dire : écrire d’abord sur ce que le FN a de spécifique pour ensuite partir à la rencontre de généralités. Une démarche inverse. Sauf que je prétends que ce choix descriptif est adapté à l’objet FN que je décline ainsi :

1 ) Le FN parti électoral

2 ) Le FN pas seulement parti électoral

3 ) Le FN et le pouvoir.

 

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Depuis trente ans, à mes yeux, le FN est un symptôme et non un épouvantail. Tous ceux qui dénoncent en tant qu’épouvantail font le jeu du FN qui en appelle fondamentalement à la peur des lâches. L’épouvantail est un leurre mais pas le FN car si le corps politique ne se soigne pas, la maladie ca empirer. En conséquence quel est le meilleur médecin qui peut se mettre au chevet de la France ? Paradoxalement l’univers politique se focalise sur la quête du sauveur, quand les médecins se mettent en équipe pour peaufiner leur diagnostic et décider de la marche à suivre pour traiter le mal. D’ailleurs c’est de partout qu’on nous parle de travail en équipe… sauf en politique où on ne nous parle que de grands sauveurs suprêmes que j’appelle féodaux !

 Suivant cette grille d’analyse, je me situe parmi ceux qui veulent dénoncer le FN en s’appuyant sur la base, sans prétendre avoir trouvé les clefs de cette dénonciation, en sachant que le FN est un parti d’avenir qui souhaite réanimer la politique dans un contexte global, en s’appuyant sur le cas français, et en se fondant sur ses succès électoraux qui ne visent pas fondamentalement l’accès au pouvoir, mais l’hégémonie dans la société. J’ajoute qu’il n’a en rien changé depuis 1972 : la querelle entre le père et la fille est plus une querelle de génération que fondamentalement politique car le FN a gardé son ADN : seul contre tous (comme les mousquetaires : tous pour un, un pour tous).

 Toute référence à Le Pen sur la couverture peut être une forme d’explication mais en aucun cas une forme de dénonciation. Par contre, c’est sûr, c’est un instrument de vente !

Si je compare la force de frappe du PCF et celle du FN c’est la nuit et le jour.

Le PCF a un quotidien, un réseau de militants, d’élus, de sièges, de journaux locaux. Il a des relais dans diverses associations où on ne compte plus les anciens communistes qui y apportent un savoir faire militant souvent apprécié.

Le FN n’a pas de journaux, de militants, de sièges ni de réseaux dans les syndicats, les associations etc.

Je ne parle pas de l’ancienneté car si le FN est né en 1972 et le PCF en 1920, le FN a beaucoup d’ancêtres à travers l’histoire de France.

Or le FN a réussi à se constituer un électorat que le PCF n’a pas réussi à conserver. Et je ne suis pas de ceux qui en déduisent, par simplisme anti-communiste, un transfert de l’un à l’autre.

Pourtant le FN n’est pas un produit de la « génération spontanée ». J-P Damaggio