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Tout commence avec Chapour Bakhtiar qui fut un opposant au shah mais qui au dernier moment, fin 1978 a accepté d'en devenir le dernier premier ministre. Chassé du pouvoir en janvier 1979 il se réfugie en France.

Le 18 juillet 1980, il échappe à une tentative d'assassinat à son domicile à Neuilly-sur-Seine, qui coûte la vie à une voisine, un policier (Jean-Michel Jamme) et en blesse gravement un autre (Bernard Vigna). Anis Naccache, en particulier, est condamné à la perpétuité pour cette tentative.

Anis Naccache, né en 1948, est un ancien militant libanais condamné à la réclusion criminelle à perpétuité en 1982 pour avoir tenté d'assassiner l'ancien premier ministre du Chah d'Iran, Shapour Bakhtiar.

 

Quatorze attentats en France seront revendiqués par le « Comité de solidarité avec les prisonniers politiques arabes et du Proche-Orient »,

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créé par Fouad Ali Saleh pour le compte du Hezbollah libanais avec pour objectif de faire cesser le soutien apporté par la France à l'Irak dans le conflit qui l'oppose à l'Iran et d'obtenir les libérations de trois terroristes détenus en France : Anis Naccache (réseau iranien), Georges Ibrahim Abdallah (réseau libanais FARL) et Varadjian Garbidjan (réseau arménien ASALA).

L'attentat de la rue de Rennes sera le dernier de la série, perpétré le mercredi 17 septembre 1986 dans le 6e arrondissement de Paris, face au 140 de la rue de Rennes devant le magasin Tati (et le siège du magazine Le Point1). L'engin explosif éclatait à 17 h 20 dans une poubelle municipale fixée au sol sur le trottoir, à trois mètres des vitrines, et fit sept morts et cinquante-cinq blessés.

Cette période va être nommée « septembre noir » et s'achève définitivement avec l'arrestation de Fouad Ali Saleh le 21 mars 1987 par les policiers de la Direction de la Surveillance du territoire et la neutralisation de son réseau. L'implication des dirigeantrs iraniens dans les attentats a été démontrée.

 Mais Anis Naccache à la suite d’une grève de la faim appuyée par Maître Jacques Vergès, son avocat réussit à faire partie de la négociation globale de la France avec l’Iran et il est ainsi libéré le 27 juillet 1990, gracié par le président François Mitterrand puis expulsé. Il est devenu conseiller en stratégie, vivant entre la capitale iranienne, Téhéran, et Beyrouth.

 Pour Bakhtiar la suite a été moins dorée : il est poignardé à 13 reprises le 6 août 1991 puis égorgé au couteau par trois assassins en même temps que son secrétaire, Soroush Katibeh, à son domicile de Suresnes qui était pourtant sous protection policière, son corps ne sera retrouvé que deux jours après les faits.

 Un service central de lutte anti-terroriste est créé alors, le 15 octobre 1986 au sein du Parquet de Paris, plus communément appelé « quatorzième section », qui a été intégrée à la troisième division du parquet de Paris. Rebaptisé en 1999 « section A6 » le service porte désormais le nom de « section C1 » et c'est toujours lui qui est en charge des affaires de terrorisme.

Ce qui s'est joué en Iran de 1978 à 1988 n'en finira pas de marquer notre actualité.

J-P Damaggio

P.S. J'avais totalement oublié cet épisode que j'ai retrouvé en cherchant des documents au sujet du centimène anniversaire du décès du curé Nonorgues