teresa rodriguez

Les militants de Podemos avaient à élire les dirigeants locaux du mouvement et ils ont découvert que la bataille n'était pas qu'une bataille interne. Il s'agissait de primaires (mais pour les seuls membres ce qui n'a rien à voir avec les primaires actuelles en France) où s'affrontaient des candidats surtout dans trois régions, Madrid, l'Andalousie et l'Estrémadure. Il est apparu clairement que le groupe PRISA qui dirige le quotidien El Pais avait décidé de contrer les candidats les plus à gauche, pour, comme ça a été fait au PSOE influer sur la ligne politique. Dans l'article ci-dessous dont je reprends l'essentiel, Fernando López Agudín, pour le journal Publico, raconte cet événement. Le Groupe PRISA a été battu sur toute la ligne et s'il est surtout question du cas de Madrid, je préfère évoquer celui d'Andalousie ou Teresa Rodriguez, une des plus à gauche de Podemos a obtenu 75,6% des voix.

Donnons les résultats pour Madrid : Rita Maestre, " Adelante Podemos con la Gente" a obtenu 11.783 voix, Espinar, le candidat d'Iglesias 13.686 voix et Mónica Mota Gómez, 1.461 voix. La participation a été de 35% des inscrits.

Je sais que des personnes très à gauche pensent qu'Iglesias est la cause de l'échec de Podemos mais il ne faut pas regarder la configuration avec des yeux français mais par rapport à la situation en Espagne. Et partout la tendance la plus à gauche a gagné. A suivre. J-P Damaggio

 

Voici des extrats de l'article de Publico

Podemos n'est pas le PSOE. Encouragé par le succès du coup d'Etat dans le PSOE, le Groupe Prisa a voulu lancer un processus d'interférence dans Podemos afin de réadapter le parti au format conçu par le 35 Puissants qui forment la majorité de ses actionnaires. Après Pedro Sanchez, il fallait abattre Pablo Iglesias! Donc, placer dans le collimateur de la calomnie le candidat Ramon Espinar, manipuler toutes les données sur la vente de logements publics ; c'était une façon de tirer sur Pablo Iglesias jusqu'à titrer Errejón a battu Iglesias. Publié juste avant le début de la primaire de Madrid, pour influencer le vote des adhérents, c'est un boomerang politique qui a été frappé le visage de Cebrian [le maître d'El Pais du groupe Prisa], obligé de donner ensuite la victoire à Espinar.

Cette large intervention a été si flagrante que les militants ont afflué pour voter contre Prisa. Ils ont compris que le choix n'était pas entre Ramón Espinar et Rita Maestre, mais pour défendre ou pas l'indépendance de Podemos. La réaction a été très proportionnelle à l'interférence de la revue officielle des 35 Puissants. Etre traités comme les socialistes, a renforcé le patriotisme d'un parti qui n'en est pas encore un. La candidature de Rita Maestre, objectivement utilisé comme un perchoir par Juan Luis Cebrian, a souffert car avant que les militants ne discutent de ces deux candidats la priorité a été de briser l'épine dorsale de Prisa. Il a suffi que ce lobby interfère dans les affaires intérieures du parti pour que Podemos serre les rangs autour de Pablo Iglesias.

L'intervention dans le PSOE a été assez facile pour le lobby des médias parce que son action s'appuyait sur l'interdiction faite aux membres du parti de voter. Il ne pouvait en être de même pour Podemos puisqu'il y avait une primaire dans laquelle tous ses membres pouvaient exercer leur droit de vote.

Ce qui rappelle une anecdote évoqué par leader antifranquista Simon Sanchez Montero qui, du temps de sa jeunesse à Tolède en 1931, pour des municipales issues de la Deuxième République, ne savait, lui et ses collègues, pour qui voter entre les deux candidats présentés, jusqu'à ce que le plus ancien d'entre eux ait suggéré de voir ce qui serait le vote des personnes les plus riches, et de voter contre ce candidat.

Prisa a perdu la bataille de Madrid, d'Andalousie et d'Estrémadure, aussi la cinquième colonne devra attendre de meilleures opportunités.

La conclusion est très claire. Podemos ne pourra pas être ce qu'ils voulaient qu'il soit, un PSOE bis, ou la "chose"- comme l'euro- communisme a appelé le  PCI coulé après la chute de l'URSS.

De ces primaires ne pouvaient dépendre l'avenir de Podemos, mais dépendait la victoire sur l'alliance impie, le triple A, qui commence à se mettre en place ces jours-ci avec le PSOE kidnappé, Ciudadanos et le PP . Prisa peut continuer de nommer des secrétaires généraux ou pour mieux dire à lancer des coups d'Etat dans le PSOE mais pas dans Podemos comme il l'a tenté de toutes ses forces comme on le vérifiera probablement quand on connaîtra toute la trame.