caussade

En complément au dernier commentaire dont je remercie l'auteur, Jacques Lacaze, un article de son père sur Le Patriote.

J-P Damaggio

 

Regards sur la ville, 25 janvier 1953

Les élections municipales approchent aussi, dit-on, nous verrons des listes caméléon, on parle de listes MRP, ex-socialistes SFIO, radicaux. Les maquignonnages vont bon train, les échanges d’influence, les promesses pour ne pas en perdre l’habitude. Ils cherchent à s’entendre pour mieux tromper l’opinion, mais les électeurs eux, ne s’y laissent pas prendre, ils voient clair, ils constatent que certaine maison non encore finie ne risque pas d’être inondée comme celles de l’avenue Leclerc où n’habite pas de candidat Coca-Cola, leurs amis ou leur patron politique.

On dit que la porcherie de la rue de Versailles, en violation avec la loi, est intouchable, malgré les services de l’hygiène, parce que certains morceaux de porc voyagent et arrivent gratuitement dans certains lieux où il est possible de mettre la loi sous la table.

On dit que certain employé municipal pendant des heures de travail défriche le jardin de la personne qui doit veiller au bon emploi des deniers publics.

On dit que certaine maison municipale spacieuse est louée 300 francs par an à un fonctionnaire qui, avec une traction avant, n’a rien d’un économiquement faible.

On dit que certains vieux travailleurs ne peuvent prétende aux secours distribués par la municipalité du fait de leur couleur politique.

On dit que le groupe scolaire aura l’avantage d’être ultramoderne du moment qu’il sera fait dans plusieurs décades.

On dit que le tout-à-l’égout sera construit quand les 300 millions seront déduits des 1500 milliards du budget militaire.

On dit que l’adduction d’eau se fera quand l’actuel château d’eau se sera écroulé et que les 90 millions seront trouvés.

On dit que le terrain de sport sera un stade quand les intéressés auront trouvé 10 millions en emprunt bénévole.

On dit que la loi Courant sera appliquée à Caussade quand les occupants américains seront impeccablement logés.

On dit que la libération et les faibles condamnations des criminels d’Oradour est un énorme scandale.

On dit que l’armement de l’Allemagne est inadmissible.

On dit qu’un aérodrome militaire serait en projet à 5 km de la ville.

On dit beaucoup aussi que l’union de tous les honnêtes gens mettra fin à l’occupation étrangère, réduira leurs valets à l’impuissance, fera cesser toutes les combines qui permettent à une très petite catégorie de vivre confortablement sur le dos, de ceux qui ne mangent pas à leur faim, sont mal vêtus, mal logés et dont la vie est sans lendemain.

J. Lacaze