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Les Editions Delga viennent de publier en français, vingt ans après la version italienne, le livre de Mariátegui  en défense du marxisme. On peut me dire que la version italienne plus précoce (presque 50 ans après la publication du livre tout de même) s'explique par le rôle majeur qu'a joué l'Italie dans la vie du philosophe péruvien.

Sa compagne italienne a d'ailleurs indiqué en réponse à cette question :

"- Est-il vrai que la famille du philosophe Benedetto Croce a intercédé pour vous, comme l'indique l'italien Antonio Melis, auprès de votre famille, en faveur du galant venu du lointain Pérou ?

- C'est vrai. Le fait est qu'une de mes tantes avait été amoureuse de Croce. Ils ne se sont pas mariés parce que ma famille, très catholique, n'a pas voulu consentir à un mariage avec un libéral si connu.".

 Le lecteur qui connaît un peu la philosophie peut s'étonner que Benedetto Croce soit au cœur d'un livre en défense du marxisme mais la méthode de Mariátegui est par définition étonnante.

Ceci étant la France n'est jamais loin sous la plume de Mariátegui et cette fois ce n'est pas le cas Bourdelle qui est évoqué mais les cas de Maurras et Léon Daudet qui sont analysé de belle manière.

 Je rappelle mes écrits sur Mariátegui ici.

J-P Damaggio

 Voici un extrait d'une lettre à sa femme :

(j'ai d'abord eu la chance de lire à Cajamarca son livre qui rassemble les lettres à sa femme, livre si beau mais malheureusement absent sur internet)

La vie que tu m'as donnée

 "Je suis né à nouveau par ta chair du quinzième siècle comme la Primavera de Botticelli. Je t'ai choisie entre toutes parce que je te sentais la plus différente et la plus lointaine. Tu étais mon destin. Tu étais le dessein de Dieu. Comme un navire corsaire, involontairement, je cherchais à m'ancrer dans un port serein. J'étais le principe de mort ; tu étais le principe de vie. J'ai eu le pressentiment de toi dans la peinture naïve du quinzième siècle. J'ai commencé à t'aimer, avant de te rencontrer, dans une peinture primitive. Ta santé et ton ancienne grâce attendaient ma tristesse de sud-américain pâle. Tes rurales couleurs de jeune femme de Sienne furent ma première fête. Et ta possession tonique, sous le ciel latin, emmêla dans mon âme un serpentin de joie.

 Par toi mon chemin sanglant a trois aurores. Et maintenant que tu es un peu fanée, un peu pâle, sans tes anciennes couleurs toscanes de Madonne, je sens que la vie qui te manque est celle que tu m'as donnée."

 

Tout Mariategui en espagnol

 La présentation par les Editions Delga du livre La Défense du marxisme