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Hier soir j’ai suivi deux documentaires sur les mystères des lignes de Nazca. Ce qui m’a renvoyé à un livre de 1983 qui trente ans après, date forcément, mais qui, comme on va le voir, conserve quelques mérites.

Les lignes de Nazca représentent un vestige archéologique unique en son genre puisqu’elles sont surtout visibles du ciel. De ce fait elles sont connues seulement depuis les années 1940.

Les explications les plus fantaisistes (pistes d’extra-terrestres) sont nées plus vite que les recherches scientifiques. Les deux reportages ont démontré que les dites recherches ont fait des pas de géants depuis quelques années mais pourquoi faut-il les confronter à des reconstitutions assez insupportables quand on voit une maman qui pleure son enfant unique pour faire comprendre l’importance du soleil et de l’eau ? Les images de synthèse pour mieux faire percevoir les ruines sont elles très utiles mais montrer cent fois la reconstitution d’une décapitation d’homme pour témoigner des sacrifices humains c’est faire croire qu’on connaît dans le détail une telle opération.

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Toutes les lignes auraient une fonction religieuse, certains pour représenter les éléments capables d’en appeler à la bonté des dieux de la pluie, d’autres comme chemin pour le pèlerinage.

Cette civilisation se serait installée 4000 ans avant Jésus-Christ, en venant du nord en longeant les rives avec des bateaux.

Elle a disparu brusquement autour des années 800 après Jésus-Christ suite sans doute à des sècheresses trop dures.

 

Les limites des reportages tiennent à l’absence de toute référence aux civilisations proches. Il y avait eu un documentaire équivalent sur le cas d’une autre civilisation de la côte péruvienne : Chan Chan. A Chan-Chan comme à Nazca, les références à la civilisation majeure, Chauvin, démontrent les liens entre les différents secteurs.

Dans son livre, Henri Stierlin confronte la civilisation de Paracas et celle de Nazca.

Le cas de Paracas est nettement moins spectaculaire que celui de Nazca mais tout aussi fabuleux. Nous sommes là au bord de la mer et les vestiges découverts concernent le textile. Sans être spécialiste, de découvrir dans un musée de Lima les immenses pièces retrouvées vous laissent sans voix. Exposées dans une lumière faible pour éviter les détériorations nous sommes avec la taille de tapisseries de Lurçat.

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En fait, quand on regarde la carte, de Valvidia en Equateur à Arica au Chili (deux lieux archéologiques majeurs), nous trouvons les civilisations de Lambayeque, Pacatnamu, Huaca prieta, Chan Chan, Moche, Las haldas, Paramonga, Chancay, El Paraiso, Chincha, Paracas.

A ces civilisations côtières correspondent des civilisations plus reculées (mais peu éloignées) dans l’intérieur des terres comme les Vicus, Tucume, Batan Grande, Cajamarca, Caballo muerto, Chavin de Huantar, Tambo Colorado, Nazca.

Ce qui me passionne c’est donc les liens entre civilisations plus que les civilisations elles-mêmes. Par exemple comment l’effet de la sècheresse propre à toutes ces civilisations a-t-il été plus ou moins affronté ?

Comment la civilisation du tissage s’est-elle installée ? Il fallait bien sûr le coton car tout commence par la matière première.

Concernant les céramiques la confrontation serait aussi de plus grand effet. Souvent les musées péruviens, équatoriens ou chiliens, qui sont le plus souvent récents, permettent cette comparaison au moins à l’échelle d’une région. Celui de Quito est une mine de renseignements.

Je rêve donc d’une synthèse pour toute cette côté pacifique qui va d’un tropique à l’autre. J-P Damaggio

P.S. La première photo est la carte en deux morceaux mais c'est peu lisible. La deuxième c'est un tissu de Paracas où on voit un homme qui tient dans une main un crâne, élément clef des reportages sur Nazca et sur la troisième on voit le fameux oiseau.