fin de l'histoire

J'ai terminé la lecture de ce roman et sur internet je ne trouve aucune présentation.

Espinozza et Salamendi sont à Moscou et ils rentrent au Chili pour, disent-ils, la fin de l'histoire, la fin de leur histoire. Sepulveda, s'il on en croit un message de 2013 se garde bien de rentrer au pays.

"Après 2 ans et demi en prison sous la dictature de Pinochet, vous avez été exilé en Suède, puis vous avez vécu à Hambourg en Allemagne et maintenant vous êtes à Gijón en Espagne. Vous sentez-vous toujours chilien ? Pourquoi vous n’y retournez pas?

Je fais partie d’une génération qui a manifesté contre le coup d’Etat. Le plus important pour moi est que lorsque je me regarde dans un miroir, j’y vois une personne décente. Le Chili est entre les mains de faux prophètes et il manque beaucoup de cohérence en ce qui concerne la rigueur intellectuelle. Je ne vis pas au Chili car pour moi il en existe deux. Le premier est un magnifique pays que je garde en mémoire et où je me sens bien. Mais c’est aussi le pays qui s’est brutalement arrêté le 11 septembre 1973.

Seize années de dictature ont laissé derrière elles une société où les personnes sont égoïstes, individualistes et qui ont oublié le caractère collectif qui nous unissait. Je vis donc à Gijon, car je suis persuadé que ma patrie est constituée par ma mémoire et par tous les lieux dans lesquels je me suis rendu et où j’ai rencontré des personnes comme moi. Ma patrie a des racines en Allemagne, en France, au Mozambique, au Nicaragua, en Uruguay, en Argentine, au Brésil, etc."

 Le titre m'a surpris. Sepulveda se sentant vieillir a-t-il envie aussi de penser à la propre fin de son histoire?

Le roman, où circule le monde secret des agents secrets, serait-il devenu un monde seulement manipulé ?

A moins que Sepulveda tiennent absolument à s'accrocher à sa mémoire, au Chili perdu ? A moins qu'il ne veuille nous rappeler que le 11 septembre 1973 c'est l'histoire du monde qui a basculé ?

Si l'amour reste au cœur de l'œuvre, je l'ai senti avec moins de chair vivante que les précédentes.

On y retrouve en plus du Chili les obsessions de l'écrivain, Managua, Hambourg, Moscou, la Patagonie mais n'a-t-il pas la sensation de se perdre dans ce monde en profonde mutation.

Et si finalement ce qui est arrivé au Chili de 1973 arrivait depuis au monde entier ?

Le Chili au cœur malgré tout. J-P Damaggio