Duran

Bon sang, je vais devoir laisser un peu l'Espagne. Vendredi je participe au colloque Castan alors il faut que je me replonge dans les vieilles histoires. En ce temps de pluie, je reprends ma collection de La Linha et je tombe sur le texte ci-dessous. Je ne connais pas René Duran mais finalement sauf sur le dernier point je me sens assez d'accord avec lui. J-P Damaggio

LINHA IMAGINOT

Bulletin del Sector Musica de l'Institut d'Estudis Occitans n° 13 mars 1993

Félix Castan en débat

Dans le n° 11 de la Linha est paru un poème de moi où j'énumérais les points communs entre certains occitanistes. La rédaction a ajouté quelques commentaires en me demandant de développer pour ce numéro Félix Castan et Claude Sicre. Bien que d'après moi un poème ne doit pas s'expliquer et garder son mystère, voilà le développement demandé.

Ce que j'aime chez Félix Castan :

1)son anticatastrophisme où même lorsque la langue occitane sera encore moins parlée existera la possibilité de revendiquer l'Occitanie pendant longtemps,

2) son ouverture,

3) sa manière de réfléchir sur ce qui se pratique en français et en occitan dans l'Occitanie actuelle et d'en tirer des conclusions originales pour l'action.

4) les quelques pistes qu'il donne pour dynamiser la vie culturelle en Occitanie, par exemple : le rôle de la critique artistique, l'idée des capitales ou de l'animation communale.

Ce que je n'aime pas :

1) le fait que Félix Castan se veuille théoricien. La théorie a pour corollaire la simplification. Par exemple, il est le premier gêné par le fait que Claude Sicre le reprenne d'une façon trop stéréotypée,

2) il isole trop la situation occitane de la situation planétaire,

3) il fait une séparation trop étanche entre le culturel et le politique,

4) il a toujours dit que le peuple occitan ne comprend pas la revendication politique occitaniste, mais il ne voit pas que, sur ce plan, les choses ne sont pas nécessairement figées pour l'éternité.

René Duran