Demain 8 mai les associations de républicains espagnols iront à 11h au monument aux morts de Septfonds puis au cimetière des Espagnols pour LEUR cérémonie. En suivant, une pique-nique aura lieu à la gare de Boredon. Nous reprenons ici la lettre ouverte écrite au maire pour lui expliquer une juste façon de penser. Tous renseignements au

ciimercomite@oranger.fr. JPD

Lettre ouverte au maire de Septfonds : contre l’ostracisme,vive la Liberté        

4 mai 2017

Lundi prochain 8 mai, une délégation du CIIMER célèbrera à Septfonds l’anniversaire de la Victoire contre le fascisme européen. Pour les Espagnols républicains qui l’avaient combattu les armes à la main dès 1936 – tout au moins pour ceux qui avaient survécu à 9 ans de guerre – le 8 mai 1945 fut un jour de joie et d’espoir.

Ces dernières années, à vos côtés, nous avons constaté combien la communauté juive et la communauté polonaise maîtrisaient les cérémonies devant les monuments respectivement dédiés aux Juifs et aux Polonais passés par le camp. Ce que nous avons apprécié et soutenu avec eux.

Mais nous avons chaque fois regretté une inadmissible différence de traitement lors de la cérémonie concernant les Espagnols, au Cimetière des Espagnols où 81 d’entre eux reposent parce que c’est là qu’ils furent injustement enfermés en tant que Républicains réfugiés.

Or la communauté républicaine espagnole est très fortement et très activement représentée en Tarn-et-Garonne par le Centre d’Investigation et d’Interprétation de la Mémoire de l’Espagne Républicaine (CIIMER). Cette union d’associations[1] a son siège à quelques km du Cimetière des Espagnols, dans la gare[2] par laquelle transitèrent la plupart des 25 à 30 000 captifs espagnols.

Beaucoup d’entre nous avaient un parent  parmi ces captifs et certains parmi ceux décédés dans ce camp. De par la représentativité et la mission du CIIMER, il était légitime qu’un de ses porte-paroles intervienne le 8 mai au Cimetière des Espagnols, ce que vous avez toujours refusé. Vous avez même tenté, en vain, de nous empêcher de porter les drapeaux des anciens combattants espagnols de la Résistance, ce qui était illégal. Mais aussi immoral : un tel interdit un tel jour !

Vous avez préparé l’ouverture d’une prétendue « Maison des Mémoires » en tenant le CIIMER complètement à l’écart. Vous vous obstinez à ignorer ses manifestations et réalisations.

Cet ostracisme à l’égard du monde des républicains espagnols, les maires qui vous ont précédé à Septfonds ne le pratiquaient pas. Les maires de Montalzat, de Caussade, de Montauban, etc. ne le pratiquent pas : tous sont venus à Borredon, tous respectent notre parole et nos actes.

Nous vous avons plusieurs fois entretenu de ce sujet, directement et par courrier. Encore le 11 avril : vous n’avez pas répondu. Nous avons fait connaître votre attitude à Madame Valérie Rabault, Députée, Monsieur François Bonhomme, Sénateur, Monsieur Astruc, Président du Conseil Départemental. Tous sont choqués.

Parole interdite, mémoires tronquées, associations méprisées, c’est indigne de Septfonds.

Ce 8 mai 2017, nous célèbrerons les idéaux de Liberté de ceux qui furent relégués au camp de concentration de Judes. Nous saluerons la mémoire des anciens prisonniers et maires de Septfonds qui ont préservé et réhabilité les vestiges du camp. Puis agi ensemble pour décider en 1998 le significatif jumelage de Septfonds avec Guernica (martyrisée le 26 avril 1937), actuellement réduit à la portion congrue : l’ostracisme appauvrit toujours la pensée et l’action.

Pour le CIIMER, Joseph González Ocaña, président du Comité d’Animation



[1] Dont l’Amicale du camp de concentration de Septfonds et autres sites de la Mémoire de l’Espagne Républicaine-MER82.

[2] Achetée, aménagée, animée grâce à une souscription populaire de très grande ampleur que vous avez ignorée.